L’Arabie saoudite exclut tout accord avec Israël sans paix avec les Palestiniens

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Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhane.

L’Arabie saoudite a exclu mercredi de nouer des relations avec Israël avant la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien, refusant ainsi de suivre l’exemple de son voisin, les Emirats arabes unis.

Les Emirats sont le premier pays du Golfe à normaliser les liens avec l’Etat hébreu, en vertu d’un accord annoncé le 13 août et conclu sous l’égide des Etats-Unis.

Dans une première déclaration officielle à cet accord, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane a jugé nécessaire « de parvenir à une paix entre les Palestiniens et Israël » sur la base des accords et résolutions internationaux avant une normalisation entre Ryad et l’Etat hébreu.

« Une fois que cela se réalise, tout sera possible », a dit le prince Fayçal lors d’une conférence de presse à Berlin, réitérant la position saoudienne à ce sujet.

La Jordanie et l’Egypte, qui partagent des frontières avec l’Etat hébreu, ont été les deux premiers pays arabes à signer un traité de paix avec Israël.

En 2002, l’Arabie saoudite avait pris l’initiative d’un plan de paix arabe qui prévoit le retour d’Israël aux frontières de 1967 et la création d’un Etat palestinien contre la reconnaissance de l’Etat hébreu par les pays arabes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a de nouveau qualifié « d’illégale » la politique « d’annexion unilatérale » d’Israël, qui est « dommageable à la solution à deux Etats », israélien et palestinien vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

– « Stopper la menace d’annexion » –

Allié d’Israël et de l’Arabie saoudite, le président américain Donald Trump, qui a négocié l’accord entre les Emirats et l’Etat hébreu, a déclaré que les dirigeants des deux pays le signeraient à la Maison Blanche dans les prochaines semaines.

Les Emirats ont assuré que cet accord prévoyait de « mettre fin à toute annexion supplémentaire » de territoires palestiniens en Cisjordanie. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit que l’annexion était simplement « reportée ».

Le prince Fayçal s’est voulu prudemment optimiste, en soulignant à propos de cet accord que « tout effort pour stopper la menace d’annexion serait perçu comme positif ».

 

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En Cisjordanie occupée, l’Autorité palestinienne a dénoncé l’accord et écrit à l’Arabie saoudite pour lui demander de faire pression sur les Emirats.

D’après les analystes, le royaume saoudien et Israël se livrent depuis des années à une « danse tranquille » pour bâtir furtivement des relations sur la base d’une animosité partagée contre l’Iran. Un rapprochement favorisé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Benjamin Netanyahu a fait état de son côté de discussions pour permettre aux vols entre Israël et les Emirats de traverser l’espace aérien saoudien.

– « Le plus gros obstacle » –

Mais la position de l’Arabie saoudite, première économie du monde arabe et gardien des deux lieux les plus saints de l’islam, est plus délicate que celle des Emirats.

Un établissement de liens formels avec Israël serait perçu comme une « trahison » par les Palestiniens et les défenseurs de leur cause, mais aussi elle porterait préjudice à l’image du royaume saoudien comme chef de file du monde arabo-musulman.

« L’idée que l’Arabie saoudite sera le prochain à normaliser ses relations avec Israël est exagérée », estime Aziz Alghashian, professeur à l’université d’Essex, spécialisé dans les relations du royaume avec Israël.

« Le plus gros obstacle face à une telle normalisation n’est pas la crainte d’une réaction dans le pays ou la région », souligne-t-il à l’AFP. Mais « l’Arabie saoudite juge nécessaire de ne pas normaliser les relations hors du contexte de l’Initiative de paix arabe qui appelle au règlement de la question palestinienne, si elle veut toujours être perçue comme leader du monde arabe et musulman ».