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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Cette décision intervient après le rappel, samedi, de l’ambassadeur algérien en France, en réaction à des propos jugés «irresponsables» d’Emmanuel Macron, rapporte le quotidien français Le Figaro.

    Selon des informations recueillies par Le Figaro à Alger et Paris, la France n’a désormais plus le droit de survoler le territoire algérien avec ses avions militaires – ce qu’elle faisait dans le cadre de l’opération Barkhane pour rejoindre le nord du Mali.

    L’état-major des armées françaises a découvert la nouvelle dimanche matin, rapporte Le Figaro. En déposant les plans de vol, les militaires se sont rendus compte que les autorisations de survol n’avaient pas été accordées par Alger. Aucune notification officielle n’a cependant été reçue, indique le quotidien. Quoi qu’il en soit, deux vols logistiques ont dû être reportés.

    Ce samedi, l’Algérie a annoncé samedi le « rappel immédiat pour consultation » de son ambassadeur à Paris, en expliquant cette décision par son « rejet catégorique » de déclarations attribuées au président français Emmanuel Macron évoquant notamment « un système politico-militaire » au pouvoir à Alger.

    Dans un communiqué, la présidence algérienne a dit exprimer son « rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures » en précisant réagir à des « propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribué nommément » à M. Macron. En raison d’une « situation particulièrement inadmissible engendrée par ces propos irresponsables », Alger a décidé « le rappel immédiat pour consultation » de son ambassadeur à Paris Mohamed Antar-Daoud.

    Avant même qu’Alger diffuse un deuxième communiqué expliquant sa courte annonce initiale via la télévision publique, les médias algériens avaient diffusé largement des déclarations prêtées à M. Macron publiées samedi par le journal français Le Monde, en les qualifiant d' »acerbes » et de « dérapage ».

     

    Lire aussi. Alger rappelle son ambassadeur en France «pour consultations» après des critiques virulentes de Macron

     

    Selon un article qui relate une rencontre jeudi entre le président et de jeunes descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie (1954-1962), le président français aurait estimé qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire ».

    Selon Le Monde, M. Macron a évoqué aussi « une histoire officielle totalement réécrite » qui « ne s’appuie pas sur des vérités » mais sur « un discours qui repose sur une haine de la France ».

    Le journal privé El Watan consacre sa Une de dimanche au « dérapage de Macron », avec une ligne où il estime que « le président français a émis des critiques acerbes vis-à-vis des dirigeants algériens ».

     

    Tempête aussi sur les réseaux sociaux

     

    Pour les médias locaux, un autre passage des déclarations de M. Macron est une pomme de discorde.

    « Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française? Ça, c’est la question », se serait interrogé le président français, en rappelant qu’il y a eu « de précédentes colonisations ». Avant de se dire, selon Le Monde, « fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en Algérie et la domination qu’elle a exercée », en allusion à l’Empire ottoman.

    Les déclarations attribuées au président français ont provoqué une tempête aussi sur les réseaux sociaux, beaucoup reliant les déclarations de M. Macron à la campagne présidentielle en France « pour couper l’herbe sous le pied de (Eric) Zemmour », un journaliste polémiste qui marche sur les plates-bandes de l’extrême droite et se dit décidé à être candidat.

    Mercredi déjà, l’ambassadeur de France François Gouyette avait été convoqué au ministère des Affaires étrangères algérien pour se voir notifier « une protestation formelle » après la décision de Paris de réduire de moitié les visas accordés aux Algériens souhaitant se rendre en France.

     

     

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