La pandémie a fait grimper la dette publique mondiale (FMI)

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À l’échelle mondiale, la dette publique moyenne a avoisiné 98% du PIB fin 2020, contre une prévision de 84% avant la pandémie pour la même date, affirme le Fonds monétaire internationale (FMI).

Les pays avancés ont ainsi enregistré les augmentations les plus marquées des déficits budgétaires et dettes, ce qui s’explique par une hausse des dépenses et par une diminution des recettes. Dans les pays émergents, le creusement des déficits a pour l’essentiel découlé de la faiblesse des recettes fiscales imputable à la récession économique. Dans les pays à faible revenu, la riposte budgétaire a été plus limitée en raison des difficultés de financement et des systèmes de protection sociale moins étoffés. « La pandémie risque donc d’avoir une incidence durable dans ces pays, notamment sous la forme d’une accentuation de la pauvreté et de la malnutrition », indiquent les experts du FMI.

Selon l’institution internationale basée à Washington, les mesures de soutien budgétaire induites par la crise sanitaire inédite ont atteint près de 14.000 milliards de dollars à l’échelle mondiale fin décembre 2020, soit un surcroît de quelque 2.200 milliards de dollars par rapport à octobre 2020. Elles se composent de 7.800 milliards de dollars de dépenses supplémentaires ou de pertes de recettes et de 6.000 milliards de dollars de garanties, de prêts et d’injections de capitaux.

Si ce soutien a été variable selon les pays en fonction des effets des chocs liés à la pandémie et de la capacité des pouvoirs publics à emprunter, ces mesures résolues de l’État sont toutefois « indispensables pour permettre le lancement rapide de vastes campagnes de vaccination, protéger les ménages les plus vulnérables et les entreprises par ailleurs viables et stimuler une reprise durable et inclusive », recommande une analyse signée notamment par le directeur du département des finances publiques du FMI, Vitor Gaspar.

Rappelant que la vaccination est un « bien public mondial qui sauve des vies et, à terme, économisera l’argent du contribuable dans l’ensemble des pays », le FMI rappelle que plus tôt, la pandémie mondiale prendra fin, plus vite les pays pourront opérer un retour à la normale et les besoins des populations en aides publiques diminueront.

Compte tenu de la très grande incertitude, l’action devrait s’adapter à l’évolution de la situation économique et pandémique. Les pays devront ainsi, pour la plupart, « faire plus avec moins » en raison des contraintes budgétaires de plus en plus strictes. Cela implique, d’après cette analyse, de « privilégier les personnes les plus durement touchées et les plus vulnérables, dont les pauvres, les femmes et les travailleurs non déclarés, et les entreprises qui sont susceptibles de rester viables après la crise ou sont d’importance systémique pour l’économie ».