La mère d’Oussama Ben Laden parle pour la première fois

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Après plusieurs semaines de négociations, la mère d’Oussama Ben Laden a fini par accepter de donner une interview exclusive au journal britannique The Guardian. Alia Ghanem parle d’un fils «qui a subi un lavage du cerveau». Les détails.  
L’interview s’est déroulée début juin, dans une pièce d’une maison à Djeddah en Arabie Saudite. Longtemps placée sous très haute surveillance par le gouvernement, la famille continue de l’être aujourd’hui encore.
Alia Ghanem, 70 ans, était assise à côté de la photo de son aîné, Oussama Ben Laden. Étaient présents également deux de ses fils, demi-frères de Ben Laden.
Quand elle parle du célèbre terroriste, c’est avant tout une mère qui parle de son « fils bien-aimé ». Elle le décrit comme un jeune homme qui « aimait vraiment étudier » et « très bon à l’école ». Selon elle, Oussama se serait radicalisé vers l’âge de 20 ans, lors de son entrée à l’université, où il étudiait l’économie. «Les gens de l’université l’ont changé. Il était un très bon enfant, jusqu’à ce qu’il rencontre des gens qui lui ont fait subir un lavage de cerveau. […] Je lui disais toujours de rester loin d’eux, mais il ne me disait jamais ce qu’il faisait, parce qu’il m’aimait tellement», explique-t-elle au Guardian.
 


Vers le côté obscur  
C’est  à cette période qu’il fera la connaissance d’Abdullah Azam, devenu par la suite membre des Frères Musulmans. « Ils ont de l’argent pour leur cause. Je lui disais toujours de rester loin d’eux, et il ne me disait jamais ce qu’il faisait, parce qu’il m’aimait tellement», poursuit-elle.

Osama bin Laden (deuxième à droite)

Elle assure toutefois que lorsqu’elle a vu son fils pour la dernière fois en Afghanistan, en 1999, rien ne lui laissait croire qu’il deviendrait djihadiste : « Ça ne m’a jamais traversé l’esprit ».
« Au début, nous étions très fiers de lui. Même le gouvernement saoudien le traitait d’une manière très noble et respectueuse. Et puis Oussama le moudjahid est arrivé », regrette-t-elle.
Devant le déni de la mère, les demi-frères d’Oussama semblent plus lucides. « Elle l’aimait tellement, elle refuse de le tenir responsable. Pour elle, ce sont les autres autour qui sont coupables. Elle ne voit que le bien en lui, elle n’a jamais vu le jihadiste en lui », assure Ahmed Ben Laden, l’un d’entre eux.