Pour Kim Jong-un, le test de missile nord-coréen est un «cadeau» aux «salauds d’Américains»

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Washington a confirmé que le missile lancé par la Corée du Nord était «un missile balistique intercontinental». En guise de riposte, les forces sud-coréennes et américaines ont tiré mercredi des missiles balistiques lors d’un exercice simulant une attaque contre Pyongyang.

Au jeu des invectives, le président américain Donald Trump a manifestement trouvé un adversaire à sa taille. Après avoir personnellement supervisé la veille le test d’un missile balistique intercontinental (ICBM), le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré ce mercredi «que les salauds d’Américains ne seraient pas très heureux de ce cadeau envoyé pour l’anniversaire du 4 juillet» – jour de fête nationale aux États-Unis, rapporte l’agence de presse officielle KCNA. Selon elle, tout en éclatant de rire, Kim Jong-un «a ajouté que nous devrions leur envoyer des cadeaux de temps en temps pour les aider à tromper leur ennui».

KCNA assure que le missile testé est capable de porter «une grosse tête nucléaire». Il s’agissait en tout cas bien d’un engin intercontinental, capable d’atteindre le territoire américain, a confirmé Washington, qui a une fois de plus condamné cette provocation nord-coréenne. «L’essai d’un ICBM constitue une nouvelle escalade de la menace envers les États-Unis, nos alliés et partenaires, la région et le monde», a déclaré le secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans un communiqué.

La possession d’un missile balistique intercontinental, capable selon des experts américains d’atteindre l’Alaska, est un tournant pour le régime communiste. Isolé sur la scène internationale, Pyongyang justifie son programme d’armement nucléaire par une menace d’invasion des 28.000 soldats américains stationnés en Corée du Sud. Il a déjà réalisé cinq essais nucléaires et dispose d’un petit arsenal de bombes atomiques. Séoul estime d’ailleurs, selon l’agence Reuters, qu’il y a un fort risque que Pyongyang conduise bientôt un sixième essai nucléaire. Reste à savoir si la Corée du Nord est capable de miniaturiser une tête nucléaire pour la monter sur un missile et atteindre son objectif: l’ennemi américain.

Face à cette menace, Séoul et Washington ont répliqué mercredi par plusieurs tirs de missiles de courte portée qui se sont abattus en mer du Japon, simulant ainsi une attaque contre le régime de Pyongyang.

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait se réunir en urgence ce mercredi. Le secrétaire général Antonio Guterres a qualifié le tir nord-coréen de «violation éhontée des résolutions» et d’«escalade dangereuse». Les «dirigeants (de Pyongyang) doivent éviter d’autres actions provocatrices et se soumettre intégralement à leurs obligations internationales», a-t-il ajouté.

 

«Je passe toute ma journée du 4 juillet en rendez-vous. Merci la Corée du Nord». Ce message de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley n’est pas passé inaperçu mardi. Alors que les États-Unis ont demandé la tenue d’une réunion d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadrice américaine s’est entretenue par téléphone avec son homologue chinois, Liu Jieyi… et a sans doute vu sa journée de repos accaparée par le sujet.Le fait qu’elle s’en plaigne – en plaisantant ou non – a suscité un tollé sur le réseau social:

«Pensiez-vous qu’être ambassadrice des États-Unis à l’ONU c’était un boulot aux 35h avec les vacances scolaires?»:

«Bravo. Passer un jour férié à veiller à la sécurité des États-Unis c’est vraiment une première»:

«Je pensais qu’il s’agissait d’un compte parodique! Ce n’est pas parce que votre boss joue au golf tout le temps que vous ne devez pas travailler les jours fériés»: