Jérusalem: la justice repousse l’audience sur l’expulsion de familles palestiniennes

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La justice israélienne a annoncé dimanche le report d’une audience clé, qui était prévue lundi, consacrée au sort de familles palestiniennes menacées d’éviction par des colons israéliens à Jérusalem-Est, un dossier au coeur de manifestations musclées dans la ville Sainte.

« A la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l’audience prévue demain a été annulée », a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant qu’une nouvelle date allait être annoncée dans « les trente prochains jours ».

Des dizaines de Palestiniens et des policiers israéliens ont été blessés ces derniers jours lors de heurts dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, où des familles palestiniennes risquent l’éviction au profit de colons israéliens.

Au coeur de la dispute: la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites plusieurs maisons dans lesquelles vivent quatre familles palestiniennes, soit une trentaine de personnes.

En début d’année, le tribunal de district de Jérusalem avait rendu une décision favorable aux familles juives qui revendiquent la propriété du terrain, mettant en avant l’achat de ces terres par des juifs avant la création d’Israël en 1948.

 

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Une petite communauté juive habitait dans la zone de l’actuel quartier de Cheikh Jarrah avant la guerre de 1948, à l’issue de laquelle la partie orientale de Jérusalem est passée sous contrôle jordanien.

Selon la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur « droit de propriété ».

Une telle loi n’existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre. Et la décision du tribunal de Jérusalem a provoqué la colère des Palestiniens qui la contestent régulièrement depuis au cours de manifestations dans le quartier, émaillées de heurts avec la police.

Le mouvement islamiste Hamas a notamment menacé de mener des attaques contre Israël en cas de décision défavorable dans cette affaire, suivie aussi de près par des chancelleries étrangères.