Italie: les Marocains, 3e communauté d’entrepreneurs immigrés

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Le 10e rapport annuel sur l’économie de l’immigration en Italie de la Fondation Leone Moressa a été présenté ce 14 octobre à Rome. Les Marocains apparaissent comme la troisième communauté d’entrepreneurs immigrés.

Sur 5,3 millions d’étrangers en Italie en 2020, les Marocains représentent la troisième communauté la plus importante (432.458), après l’Albanie (440.854) et la Roumanie (1.207.919), révèle le rapport publié ce jour par la Fondation Leone Moressa sur son site internet.

Depuis 2010, le nombre d’étrangers vivant en Italie est passé de 3,65 millions à 5,26 millions (hausse de 44%), soit 8,7% de la population (et plus de 10% dans de nombreuses régions), rapporte l’étude. Toutefois, les nouveaux permis de séjour ont globalement diminué de 70%, en raison d’une réduction drastique de ceux pour le travail (-97%): les étrangers hors UE arrivent aujourd’hui principalement pour le regroupement familial ou des raisons humanitaires.

Côté entrepreneurs étrangers en 2019, l’étude comptabilise 70.106 Marocains, soit également la troisième communauté après la Roumanie (70.962) et la Chine (75.542). Ainsi, 9,7% des entrepreneurs étrangers en Italie sont marocains en 2019. C’est 23,4% de plus qu’en 2010 et 3,5% de moins qu’entre 2018 et 2019.

Cinq nationalités incluent 50% des employés étrangers: Roumanie (25,8%), Albanie (7,8%), Ukraine (5,7%), Chine (5,5%), Maroc et (5,3%).

La richesse produite par les immigrés représente 9,5% du PIB (147 milliards d’euros), « une valeur réduite par une présence irrégulière, le travail au noir et peu de mobilité sociale », souligne le rapport.

L’entrepreneuriat étranger a été l’un des phénomènes les plus importants de la dernière décennie: les entrepreneurs d’origine italienne ont diminué (-9,4 %), tandis que les entrepreneurs nés à l’étranger ont augmenté (+32,7 %). Les plus grandes nationalités sont la Chine, la Roumanie, le Maroc et l’Albanie, mais la croissance la plus significative est parmi les entrepreneurs du Bangladesh et du Pakistan.

 

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95% des entreprises étrangères sont étrangères «exclusives», donc sans partenaires italiens. Les entreprises étrangères produisent une valeur ajoutée de 125,9 milliards, soit 8% du total. L’incidence la plus élevée est dans la construction (18,4 % de la valeur ajoutée dans le secteur).

Aujourd’hui, l’équilibre entre les recettes et les dépenses de l’immigration reste positif, soit un bénéfice de 500 millions d’euros apporté par les étrangers à l’économie italienne en 2019. « Les étrangers sont jeunes et ont peu d’impact sur les retraites et la santé, les secteurs principaux des dépenses publiques. Mais les emplois peu qualifiés et la faible mobilité sociale peuvent conduire à un équilibre négatif à long terme », alerte l’étude.