Israël sur le point de lancer ses exportations de gaz vers l’Egypte

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Le premier ministre israélien Benjamain Netanyaho et le président égyptien Abdelfattah Al Sisssi à New York, le 18 septembre 2017.

Les autorités israéliennes ont indiqué mardi avoir donné le dernier feu vert à leurs premières exportations de gaz naturel offshore vers l’Egypte, signalant du même coup le début rapide de la production de la plateforme Leviathan en Méditerranée.

Le Caire avait conclu en 2018 un accord avec Israël pour le transfert de gaz naturel des champs israéliens de Tamar, exploité localement depuis 2013 de réserves estimées à 238 milliards de m3, et de Leviathan vers l’Egypte.

Découvert en 2010, ce dernier gisement renfermerait 539 milliards de m3 de gaz naturel ainsi que 34,1 millions de barils de condensé, mais la production n’a pas encore commencé sur place.

Lundi soir, le ministère israélien de l’Energie a donné son accord pour l’exportation vers l’Egypte du gaz de ces deux gisements.

« L’exportation de gaz des gisements Leviathan et Tamar vers l’Egypte est la plus importante coopération économique entre l’Egypte et Israël depuis que le traité de paix a été signé entre les deux pays », il y a 40 ans, s’est félicité le ministre israélien de l’Energie, Yuval Steinitz.

Israël a déjà acheté du gaz à son voisin égyptien et vendu à la Jordanie (seul autre pays arabe avec lequel l’Etat hébreu a un accord de paix) mais il s’agira de la première fois qu’il exporte son trésor bleu vers le pays des pharaons.

 

 

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Les sociétés israélienne Delek et américaine Noble, gérant le développement des structures et l’exploitation des champs gaziers Tamar et Leviathan, avaient signé un accord évalué à 15 milliards de dollars avec le groupe égyptien Dolphinus pour de l’approvisionnement en gaz naturel sur 10 ans.

Une porte-parole de Delek a confirmé mardi à l’AFP que la production gazière au gisement stratégique de Leviathan devait débuter « dans quelques jours » et les exportations vers l’Egypte dès le 1er janvier 2020, alors que l’Etat hébreu souhaite, par ces exportations, s’imposer comme une puissance gazière régionale.

« La révolution du gaz naturel a fait de nous une superpuissance énergétique, cela ne va pas seulement garnir les coffres de l’Etat mais aussi nous permettre de réduire la pollution atmosphérique », a déclaré M. Steinitz, alors que Tel-Aviv souhaite convertir ses usines électriques du charbon au gaz naturel, moins polluant sans être une énergie renouvelable.

Le développement des exportations gazières israéliennes vise enfin, selon des analystes, à resserré les liens d’Israël avec les autres Etats de la région, voire avec les autres pays du bassin méditerranéen.