Israël rejette un rapport de l’ONU l’accusant de possibles «crimes contre l’humanité» à Gaza

22

Israël a rejeté jeudi comme « partial » le rapport d’une commission de l’ONU sur sa riposte face aux manifestations et aux violences en cours depuis des mois dans la bande de Gaza, imputant au mouvement palestinien Hamas la responsabilité du bilan humain.

Israël a aussi invoqué son droit à se défendre contre les agissements « terroristes » du Hamas, qui gouverne sans partage la bande de Gaza.

« Israël rejette complètement le rapport du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU », a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur Twitter, « le Conseil établit de nouveaux records d’hypocrisie et d’attitude mensongère, motivé par sa haine obsessive d’Israël ».

« Le théâtre de l’absurde pratiqué au Conseil des droits de l’Homme (de l’ONU) a produit un rapport hostile, mensonger et partial contre Israël », a déclaré pour sa part Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Katz accuse les auteurs de l’enquête de ne pas s’être penchés sur les faits. « Le seul propos (…) consiste à salir la seule démocratie du Proche-Orient et à porter atteinte à son droit à se défendre contre les agissements terroristes d’un groupe meurtrier », le Hamas, a-t-il dit.

La bande de Gaza, coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée et éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, est le théâtre depuis mars 2018 de protestations hebdomadaires, généralement accompagnées de violences, le long de la barrière.

Au moins 251 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, la grande majorité le long de la frontière, et les autres dans des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles en provenance de l’enclave.

Deux soldats israéliens ont été tués depuis cette date.

Lire aussi: Profanation en France: un ministre israélien appelle les juifs à rejoindre l'Etat hébreu

Une commission d’enquête de l’ONU a affirmé jeudi que la riposte d’Israël pouvait « constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité », les enquêteurs soulignant que des snipers ont visé des civils, dont des enfants.

« C’est le Hamas, une organisation dont l’objectif déclaré consiste dans la destruction de l’Etat d’Israël, qui pousse les habitants de Gaza, y compris les femmes et les enfants, vers la barrière (frontalière), c’est lui qui porte la responsabilité », a dit Katz. Le Premier ministre a rappelé, lui, que le Hamas tirait des roquettes sur les populations civiles israéliennes.

L’armée israélienne « continuera à protéger vigoureusement les citoyens israéliens », a-t-il dit.

Israël assure ne faire que défendre sa frontière et sa population. Son armée, qui surveille étroitement la frontière, rejette les accusations d’usage disproportionné de la force, et assure faire son possible pour limiter les morts de civils. Elle invoque en outre la confusion de la situation pour expliquer le bilan humain.

Lire aussi: Propos controversés de Netanyahu: le Premier ministre polonais annule une visite en Israël

L’Etat hébreu accuse le Hamas d’orchestrer la contestation et de servir de celle-ci pour des agissements hostiles contre Israël.

Deux organisations israéliennes défendant les droits des Palestiniens, B’Tselem et Adalah, ont salué le rapport de l’ONU. Celui-ci constitue , a dit Adalah dans un communiqué.