Israël/élections: Netanyahu promet un ministère au premier musulman sur sa liste

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé vendredi qu’il nommerait ministre un Arabe israélien musulman, une première, en cas de victoire de son parti aux élections législatives du 23 mars.

« Je suis fier que Nail Zoabi, un éducateur apprécié qui a consacré des années à la société arabe, rejoigne la liste du Likoud », a déclaré M. Netanyahu dans une vidéo sur sa page Facebook.

« Je le nommerai ministre de l’Avancement de la société arabe dans mon gouvernement » en cas de victoire, a-t-il ajouté au côté de M. Zoabi, qui s’est également exprimé en arabe.

La légende accompagnant la vidéo précise que « c’est la première fois qu’un citoyen israélien musulman rejoint le Likoud ».

Plusieurs Druzes ont déjà été députés du parti du chef du gouvernement, dont Ayoub Kara, également ministre de la Communication entre 2017 et 2019.

L’annonce de M. Netanyahu intervient alors que la « Liste unie » des partis arabes israéliens pour les législatives, les quatrièmes en deux ans, a éclaté alors qu’elle avait enregistré le meilleur score de son histoire lors des dernières élections en mars 2020 (15 sièges).

Un de ses quatre partis, le mouvement islamiste Raam, a en effet décidé de concourir seul. Son dirigeant, Mansour Abbas s’est récemment rapproché de M. Netanyahu, craquelant l’alliance avec les autres partis de la liste.

M. Netanyahu a par ailleurs récemment lancé une opération de séduction auprès des Arabes israéliens, multipliant les visites dans les localités arabes, après avoir longtemps vilipendé cette communauté qui l’accuse de racisme.

Lors d’une rare visite en janvier à Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël, il avait présenté ses excuses pour ses déclarations visant cette communauté qui représente environ 20% de la population du pays.

D’après un sondage de l’Institut démocratique d’Israël, 66% des Arabes israéliens estiment que cette campagne de séduction est hypocrite.

Les Arabes israéliens se disent victimes de discrimination, notamment depuis que le Parlement a adopté en 2018 une loi définissant Israël comme « l’Etat-nation du peuple juif » et conférant aux Juifs le droit « unique » à l’autodétermination.

Lors des élections en 2015, M. Netanyahu avait joué sur les peurs à droite en brandissant, le jour même du scrutin, le spectre d’électeurs arabes se rendant aux urnes « en masse ». Il s’était attiré les critiques, jusqu’au président américain de l’époque Barack Obama, et avait présenté des excuses après les élections.