Israël approuve 240 logements pour colons à Jérusalem-Est

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Israël a approuvé, mercredi 8 novembre, la délivrance de permis de construire pour 240 logements pour colons juifs à Jérusalem-Est, a indiqué Meïr Turjeman, un adjoint à la mairie israélienne de Jérusalem.

Ce feu vert est la dernière décision israélienne en date destinée à renforcer la présence juive à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël.

La municipalité a donné son aval pour 150 nouveaux logements à Ramat Shlomo, peuplé majoritairement de juifs ultra-orthodoxes, et 90 à Gilo, autre quartier majoritairement juif situé à Jérusalem-Est, a indiqué Turjeman.

Elle a par ailleurs approuvé 44 nouvelles unités d’habitation à Beit Hanina, quartier palestinien. Ces logements sont destinés à des Palestiniens.

Jérusalem, territoire qui divise et objet de toutes les convoitises

Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967. L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’a jamais été reconnue par la communauté internationale qui considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

Israël proclame tout Jérusalem sa capitale indivisible. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem la capitale de l’État auquel ils aspirent.

La colonisation est considérée comme illégale au regard du droit international et par une partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à la paix et à une solution dite à deux États, c’est-à-dire la création d’un État palestinien coexistant avec Israël.

Cette solution reste la référence d’une grande partie de la communauté internationale, même si elle est fortement remise en question par le refus de l’administration Trump de s’engager en sa faveur.

La colonisation est particulièrement sensible à Jérusalem, au cœur du conflit israélo-palestinien, dont le statut est l’une des questions les plus épineuses en vue d’un éventuel règlement.

L’approbation donnée par la municipalité mercredi prolonge une série de décisions israéliennes en faveur de la colonisation.

Israël est loin d’avoir arrêté sa politique de colonisation

Israël avait validé mi-octobre plus de 2.600 logements supplémentaires pour colons en Cisjordanie, territoire contigu à Israël et également occupé.

Fin octobre, il avait approuvé la construction de 176 logements pour des juifs à Jabal Moukaber à Jérusalem-Est, un plan susceptible de créer la plus importante implantation israélienne au beau milieu d’un quartier palestinien.

Le rythme de la construction «n’a pas d’équivalent depuis 2000», dit le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

Les partisans d’une colonisation débridée poussent le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à mettre à profit l’opportunité créée selon eux par l’accession de Donald Trump à la présidence, après les années de frustration de la présidence Obama.

«Aucun gouvernement n’a fait autant pour la colonisation que celui que je dirige» se targue Netanyahu, à la tête du gouvernement réputé le plus à droite de l’histoire d’Israël.