«Ils ne sont pas qu'un chiffre»: le web rend hommage aux étudiants kenyans

à 8:15

Après la tuerie de l'université de Garissa, où 142 étudiants ont été tués par un commando Chebab, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux.
Trois jours après la tuerie de Garissa, les hommages, faute d'être toujours officiels ou politiques, affluent sur les réseaux sociaux. Le chiffre de 147 étudiants tués (en réalité ils étaient 142, plus trois militaires et trois membres du service de sécurité de l'université) circule comme un symbole de cette sauvagerie insensée.

Mais le mot-dièse #147notjustanumber (147n'est pas juste un chiffre) s'insurge contre l'anonymat prêté aux victimes. Lancé par l'activiste kenyane Ory Okolloh Mwangi, ce slogan a pour but de mettre des visages et des noms sur les victimes du massacre. «Nous les nommerons un par un», affirme la twitteuse, qui poste inlassablement les noms des étudiants sur le réseau social. Des photos, des noms, des visages apparaissent pour garder en mémoire une génération décimée par la violence des Chebab.

Des témoignages affluent également. Un des étudiants de Garissa ayant échappé au massacre publie une capture d'écran Facebook du jeune Dadley Mose (décédé), souriant, qui avait écrit en décembre dernier sur le réseau social «Qu'il est beau que Dieu ajoute chaque jour un jour de plus dans notre vie. Pas parce que tu en as besoin. Mais parce que quelqu'un a besoin de toi chaque jour».
«J'aurais aimé que tu aies raté tes examens, que tu ne sois jamais entré à l'université. Pourquoi l'université a dû être l'endroit où tu es mort» témoigne encore une mère.
Beaucoup d'internautes ont dénoncé un deux-poids-deux-mesures et l'indifférence de l'Occident par rapport à ce crime. Le hashtag #JesuisKenyan peine à émerger autant que #JesuisCharlie.