Hongkong: un million de personnes attendues dimanche

à 11:00
Vendredi 16 août à Hongkong. REUTERS/Ann Wang

Le mouvement pro-démocratie hongkongais tente ce dimanche à nouveau de rassembler les foules.

Après un nouveau rassemblement vendredi 16 août, de nouvelles manifestations sont prévues à Hongkong ces 17 et 18 août. Les manifestants, pour la plupart des jeunes, protestent depuis 10 semaines contre la main-mise de Pékin sur la ville-Etat et défendent le principe «un pays, deux systèmes» qui garantissait le maintien du système capitaliste et une certaine liberté politique à Hongkong après sa rétrocession à la Chine, le 1er juillet 1997.

Des milliers de manifestants pro-démocratie ont défilé samedi avant de se disperser en début de soirée, réservant leur énergie pour dimanche. Des milliers de partisans pro-gouvernementaux s'étaient également rassemblés samedi après-midi dans un parc pour critiquer le mouvement pro-démocratie et soutenir la police, une illustration frappante des divisions qui se creusent dans la ville.

 

Lire aussi : Hong Kong: week-end crucial pour les manifestants après les violences à l'aéroport

 

L'Union européenne a lancé un appel à un "dialogue large et inclusif" afin de "désamorcer la situation", estimant essentiel de "faire preuve de retenue et de rejeter la violence".

Mais c'est surtout dimanche que les manifestants prévoient de frapper un grand coup avec un nouveau rassemblement géant qui se veut "rationnel, non violent". L'objectif: montrer que la mobilisation demeure populaire malgré les violences, et notamment celles qui ont émaillé les actions à l'aéroport.

L'appel à manifester dimanche a été lancé par le Front civil des droits de l'homme, organisation non violente à l'origine des manifestations géantes de juin et juillet. "La marche de dimanche devrait encore rassembler un million de personnes. Le peuple hongkongais ne peut pas être battu", a déclaré sur Facebook la députée prodémocratie Claudia Mo.

Mais le risque de nouvelles échauffourées est réel. Car si la police a donné son feu vert au rassemblement de dimanche dans un grand parc, elle a interdit aux manifestants de défiler dans la rue. Ce genre d'interdiction a presque systématiquement été ignoré par les manifestants ces dernières semaines et les marches ont donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre.

Les manifestants brandissent des images contre les violences policières. Lillian SUWANRUMPHA / AFP

La police de Hongkong a répété vendredi qu'elle était capable de maintenir seule l'ordre public. Près de 750 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations en juin. La police a fréquemment recours au gaz lacrymogènes. Ces annonces interviennent alors que la Chine a qualifié cette semaine les actes du mouvement pro-démocratique de "quasi-terroristes", et les médias d'État ont diffusé des images de soldats et de véhicules blindés massés à Shenzhen, à la frontière de Hong Kong.

 

Lire aussi : La grève plonge Hong Kong dans le chaos, les autorités fustigent les manifestants

 

L'homme le plus riche de Hong Kong, l'homme d'affaires Li Ka-shing, a appelé à "aimer la Chine", sans pour autant aller jusqu'à apporter son soutien explicite aux autorités de la région administrative spéciale, comme l'ont fait plusieurs chefs d'entreprises. "Je pense que le gouvernement a entendu clairement les messages des manifestants et qu'il fait diligence pour trouver des solutions", a déclaré Li Ka-shing, qui est âgé de 91 ans. "Les meilleures causes, a-t-il souligné, conduisent parfois aux plus mauvais résultats."