Hausse des frais pour les étudiants étrangers: des associations vont saisir le Conseil d’État

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Plusieurs associations dont le syndicat des avocats de France et l’Unef vont déposer un recours auprès du conseil d’État pour annuler l’arrêté qui prévoit une augmentation des frais d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens.

Organisations étudiantes de droite et de gauche, associations d’avocats, présidents d’universités… Tout le petit monde universitaire (ou affilié) semble vent debout contre la réforme annoncée dès novembre par le premier ministre Édouard Philippe qui prévoit d’augmenter largement les frais d’inscriptions à l’université pour les étudiants issus de pays extra-européens. Plusieurs associations ont annoncé jeudi qu’elles allaient déposer un recours devant le Conseil d’État pour contester cette hausse controversée, entrée en vigueur par la publication de l’arrêté au journal officiel ce dimanche 21 avril.

À partir de la rentrée prochaine, ces étudiants étrangers devront donc s’acquitter, sauf annulation de la mesure, de 2.770 euros en licence et de 3.770 euros en master, soit des frais 15 à 16 fois plus élevés que pour leurs homologues européens. Depuis son annonce en novembre, cette hausse de frais universitaires ne cesse de faire des vagues. Plusieurs universités en France ont fait savoir qu’elles n’appliqueraient pas cette mesure en utilisant la possibilité d’exonérer de frais une partie de leurs effectifs. Les non-Européens ayant déjà entamé leurs études en France ne sont pas concernés par cette hausse. Les doctorants en sont aussi dispensés suite à un recul du ministère de l’Enseignement supérieur en février.

Le gouvernement a menti

Un recours pour «excès de pouvoir» devrait être déposé dans les prochaines semaines et pointer une «rupture d’égalité» entre étudiants extra-européens et européens, a indiqué en conférence de presse ce jeudi Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF) qui soutient cette action au côté notamment du syndicat étudiant de l’Unef.

 

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«Nous demandons l’annulation de cet arrêté sur plusieurs bases juridiques, explique au Figaro Mélanie Luce, la présidente de l’Unef. D’abord le gouvernement nous a menti en affirmant qu’augmenter les frais d’inscription attirerait plus d’étudiants. C’est faux et les premiers chiffres d’inscriptions le prouvent. Ensuite il y a une rupture d’égalité entre les universités qui vont exonérer ces frais pour leurs étudiants étrangers (elles sont une quinzaine, NDLR), et les autres. Enfin, cet arrêté a été publié un dimanche, veille de jour férié, ce qui est quand même un peu sournois pour faire passer une mesure».

 

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Lors de la conférence de presse, Mélanie Luce a dénoncé une décision «discriminatoire» qui instaurera une «sélection sociale» entre les étudiants étrangers. «On oublie pourquoi il est important d’avoir des étudiants étrangers en France, mais la France est devenue ce qu’elle est aujourd’hui aussi parce que des étudiants ont grandi dans des environnements très cosmopolites qui ont enrichi leur éducation», a également affirmé Daniela Susanibar, 21 ans, étudiante en droit à l’université du Panthéon-Sorbonne et représentante des étudiants péruviens de France.

Plusieurs autres associations se sont associées à cet appel tels que le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) ou Les jeunes Burkinabais de France.