Gaza: Amnesty dénonce une "violation abjecte" des droits de l'Homme

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lundi 14 mai 2008. C.AFP

Amnesty International a dénoncé lundi une « violation abjecte » des droits de l’homme et des « crimes de guerre » à Gaza, où 37 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne alors qu’ils manifestaient contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
« Nous assistons à une violation abjecte du droit international et des droits de l’homme à Gaza » a dénoncé l’organisation non gouvernementale basée à Londres sur Twitter. « Ceci doit cesser immédiatement ».


De violents affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens ont fait lundi 37 morts et des centaines de blessés dans la bande de Gaza, où les Palestiniens protestent contre l’inauguration à Jérusalem de l’ambassade américaine en Israël.
Saluée comme « historique » par Israël, cette promesse faite par le président américain Donald Trump est largement perçue comme un défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.
Cette journée de festivités côté israélien et américain est aussi la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans la bande de Gaza.
« C’est un autre exemple horrible du recours excessif à la force et de l’usage de balles réelles d’une manière totalement déplorable par l’armée israélienne », a dénoncé Philip Luther, un responsable d’Amnesty International pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, dans un communiqué.
« C’est une violation des règles internationales » équivalant « dans certains cas à ce qui semble être des homicides intentionnels constituant des crimes de guerre ».
« Les autorités israéliennes doivent contenir l’armée pour éviter d’autres pertes humaines et blessures graves », a-t-il plaidé.
Des premiers rapports médicaux cités par Amnesty International indiquent que « des dizaines de personnes ont été atteintes à la tête ou à la poitrine », selon le communiqué de l’ONG.
« Alors que certains manifestants ont pu recourir à une certaine forme de violence, cela ne justifie toujours pas le recours à des balles réelles », a estimé Philip Luther, insistant sur « le besoin urgent d’un embargo sur les armes ».