Fusillade de Strasbourg: voici le profil de l'auteur de l'attaque

18
Credits: DR

L’auteur présumé de l’attaque de Strasbourg, mardi soir, a échappé le matin même à un coup de filet visant à l’appréhender pour braquage avec tentative d’homicide. Ses complices ont tous été interpellés.

À 20 heures, mardi soir, il s’est lancé dans un périple meurtrier et a semé la terreur au cœur du marché de Noël strasbourgeois. Chérif C., 29 ans, est né en février 1989 dans cette ville. Il est fiché S (pour sûreté de l’État) depuis 2016 par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour des motifs de radicalisation. Mais il est surtout connu des services de police pour des faits de droit commun, notamment de multiples braquages. Son casier judiciaire comptabilise «27 condamnations pour des faits de droit commun en France mais aussi en Allemagne et en Suisse».

 
Lire aussi: Strasbourg, une cible déjà visée par les djihadistes d'al-Qaida il y a près de vingt ans
 

L’auteur de l’attaque a d’ailleurs été incarcéré un peu plus d’un an en Allemagne avant d’être expulsé en France.
Chérif C. avait été signalé par la DGSI au cours d’un précédent séjour en prison de 2013 à 2015. Des violences, la radicalisation de sa pratique religieuse, et son prosélytisme avaient éveillé les soupçons. C’est à ce titre qu’il était suivi de «manière assez sérieuse» depuis sa sortie de prison, explique le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur France Inter. En prison, l’homme «incitait à la pratique de la religion sous une forme radicale, mais rien ne permettait de détecter un passage à l’acte dans sa vie courante», précise-t-il.

Profil hybride

Avant l’attaque, le fuyard était déjà recherché dans une affaire de braquage avec tentative d’homicide. Mardi matin, les gendarmes se sont présentés à son domicile pour l’arrêter, mais il n’était pas là. L’ensemble de ses complices présumés ont été interpellés dans ce coup de filet. Et au cours de la perquisition à son domicile, les forces de l’ordre ont découvert une grenade défensive, une arme 22 long rifle chargée, 4 couteaux dont 2 de chasse et plusieurs munitions.

 
Lire aussi: Vidéo. Attaque à Strasbourg: 3 morts, 8 blessés graves, le tireur identifié et toujours en fuite
 

Mais Chérif C. a-t-il agi sous la bannière terroriste? Son profil hybride pose question. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie, et la nouvelle loi antiterroriste prévoit que les périples meurtriers soient considérés comme tels. Le procureur de la République a justifié cette décision «au regard du lieu ciblé, du mode opératoire employé par l’assaillant, de son profil et des témoignages recueillis auprès de ceux qui l’ont entendu crier “Allah Akbar”». Mais, selon nos informations, il n’est pas exclu que l’individu ait agi sous le coup du désespoir, car tous ses complices de braquage ont été arrêtés mardi.
La radicalisation des criminels de droit commun n’est pas un phénomène nouveau. En Belgique, les services de renseignement ont alerté en novembre dernier sur l’embrigadement des détenus criminels de droit commun, évoquant la multiplication de «gangsters djihadistes», qui ont basculé dans l’islamisme. Lors de son parcours, Chérif C. avait justement été signalé par la DGSI lors d’un passage en prison: il s’était fait remarquer pour des violences et son prosélytisme religieux.