France: un différend familial tourne au massacre, cinq morts

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AFP PHOTO / SEBASTIEN NOGIER

La piste du « drame familial » était privilégiée mardi par les enquêteurs français après la découverte, dans un appartement à Pau (sud-ouest), des corps de quatre adultes et d’un enfant, membres de la même famille hispano-marocaine, a-t-on appris de source proche de l’enquête.
La mère de l’enfant a été retrouvée ligotée et bâillonnée et le père les veines tailladées.
Ce sont les pompiers, appelés pour des fumées se dégageant d’un appartement situé au premier étage d’une résidence du centre-ville, qui ont fait la macabre découverte.
Lorsqu’ils ont pénétré dans l’appartement, « un canapé se consumait ». Ils y ont découvert les corps sans vie de la famille: une mère de 36 ans et ses parents qui allaient fêter leur 66e anniversaire, tous trois de nationalité espagnole, le mari, un Marocain âgé de 32 ans, et le fils du jeune couple, âgé d’environ deux ans.
« Le drame s’est déroulé à l’intérieur (de l’appartement). Il y a des traces de violences sur un couple » et sur la femme dans l’autre couple. « Tout laisse penser qu’on est sur la piste d’un drame familial », a dit à l’AFP une source proche de l’enquête.
« La jeune femme a été trouvée ligotée et bâillonnée avec de l’adhésif autour du cou » dans la salle de bains, a précisé cette source.
Ses parents, venus de Saragosse (nord-est de l’Espagne) pour rendre visite à leur fille, ont été découverts « dans une chambre avec des traces de violences par objets contondants sur le corps », a-t-elle ajouté.
Quant au mari, il « se serait tailladé les veines » après avoir commis ces meurtres, selon les premières hypothèses.
De même source, il n’y a « pas de traces de violences apparentes sur l’enfant, qui serait mort des suites de l’incendie », probablement intoxiqué par les fumées.
« Il semblerait qu’il y avait un différend familial qui a tourné au massacre », a ajouté à l’AFP Jean-Paul Brin, premier adjoint à la mairie de Pau.
Des voisins interrogés par le quotidien régional Sud Ouest ont affirmé que « les disputes étaient fréquentes au sein du couple ». Selon un collègue de l’épouse, qui était professeur d’espagnol, elle aurait récemment porté plainte pour violences contre son mari.
« Il y avait eu des interventions policières dans cette famille en lien avec une séparation qui se passait mal », a confirmé à l’AFP une source proche de l’enquête.
Le mari, dont on ignorait mardi la profession, n’avait pas de casier judiciaire.
Selon une voisine habitant l’immeuble, « une grosse dispute a éclaté à 05H00 (03H00 GMT) du matin, j’ai entendu des cris d’enfant ».
Des autopsies devraient avoir lieu dans les prochains jours.