France: «Rassemblement national», le nouveau nom que propose Marine Le Pen pour le FN

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La présidente du mouvement d’extrême droite, qui a clôturé le Congrès de refondation du parti ce dimanche après-midi à Lille, va désormais soumettre ce nouveau nom au vote des militants.

La marque «FN» appartient désormais au passé. Alors que le Congrès de refondation du mouvement d’extrême droite s’est tenu ce week-end à Lille, Marine Le Pen a confirmé que le parti allait changer de nom… Et elle a révélé la nouvelle appellation qu’elle va soumettre au vote des militants: «Rassemblement national», qui avait déjà été le slogan du FN aux législatives de 1986. «J’ai beaucoup réfléchi et j’ai beaucoup consulté», a-t-elle dit lors de son discours de clôture, sans jamais prononcer les mots «Front national».
Durant de longues minutes, la députée a détaillé les raisons qui avaient motivé le choix de cette «dénomination». «Le nom sur lequel nous allons voter dans quelques semaines doit (…) porter un message politique, et même clairement indiquer le contenu de notre projet politique pour la France: le mot “national” me semble devoir y figurer impérativement car la nation représente chacun d’entre nous», a-t-elle expliqué. «Ceci relève pour nous de l’évidence mais ce n’est pas suffisant», a-t-elle ajouté.
«Je me plierai à la décision» des adhérents, assure Le Pen
«À l’heure où la France vit une recomposition politique, (le nouveau nom) doit – et c’est peut-être le plus important – exprimer une volonté de rassemblement. À l’heure où une immense majorité de Français sont émus de voir leur pays se fracturer, il doit aspirer à la réunion de toutes les énergies, à l’unité et à la solidarité nationale. Le nom doit être plus encore qu’un projet: ce doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre lancé à tous ceux qui ont la France au cœur (…)», a-t-elle martelé.
Rappelant que le logo historique du parti resterait inchangé – la flamme -, Marine Le Pen a insisté sur le fait que le nouveau nom du mouvement devrait désormais être approuvé par les militants. «Parce que nous avons toujours eu au cœur de notre projet le respect du peuple et de son vote – le référendum -, parce que nous nous sommes battus à la présidentielle sous la devise “Au nom du peuple”, je n’imagine pas d’autre voie que d’organiser un vote de tous les adhérents, et je me plierai à leur décision», a-t-elle affirmé.
Après le «parti de contestation» et le «parti d’opposition», Le Pen veut un «parti de gouvernement»
Véritable serpent de mer du FN depuis plusieurs années, la question du changement de nom a été récemment remise à l’ordre du jour par le double revers de la présidentielle et des législatives. Longtemps réfractaire à cette idée, Marine Le Pen s’y est finalement résignée dans l’espoir de briser le plafond de verre qui la sépare du pouvoir. En effet, la patronne du parti espère ainsi rompre définitivement avec l’image de son père et pouvoir «mettre en œuvre des alliances», car «gagner sans alliance est ardu» dans la Ve République.
«Vous le savez, (le nom Front national) est pour beaucoup de Français, même de toute bonne foi, un frein psychologique. Vous le savez parce que vous l’avez entendu, vous l’avez très probablement compris parce que vous avez rencontré des électeurs. C’est pour certains un frein psychologique pour nous rejoindre ou tout simplement pour voter», a-t-elle regretté, expliquant que le «parti de contestation» d‘hier était aujourd’hui un «parti d’opposition» et qu’il avait vocation à devenir demain un «parti de gouvernement».