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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Près d’un millier d’algériens et de français d’origine algérienne ont défilé dimanche à Paris pour réclamer une véritable « transition démocratique » en Algérie et commémorer les violentes émeutes du 5 octobre 1988 à Alger qui avaient été réprimées dans le sang par l’armée.

    « Algérie libre et démocratique ! Bye bye Gaïd Salah. Il n’y aura pas de vote cette année ! », a clamé la foule rassemblée sur la place de la République, comme chaque dimanche depuis fin février, au départ d’une marche en solidarité avec les manifestants de leur pays d’origine, en lutte depuis sept mois.

    Cette contestation massive en Algérie a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner début avril, mais les protestataires réclament toujours le départ du « système » au pouvoir avant tout nouveau scrutin, dont celui du général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et véritable homme fort du pays.

     

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    Comme ceux qui ont défilé en masse à Alger vendredi, les manifestants de Paris ont affiché sans ambiguïté leur opposition à la tenue d’élections présidentielles le 12 décembre. « Si elles sont organisées par Salah, elles ne seront pas transparentes et rien de bon n’en sortira pour les algériens », dit Sabrina Timzit, une franco-algérienne de 27 ans, drapée dans le drapeau national vert et blanc.

    « Ce serait un simulacre électoral », renchérit Medhi Brahimi, un ingénieur algérien âgé de 30 ans qui vit depuis dix ans en France. « Comment peut-on aller aux urnes avec des gens en prison, une justice aux ordres de l’Etat-major et des candidats du pouvoir en place? », s’indigne ce membre du mouvement politique et citoyen Ibtykar (innovation en arabe), co-organisateur de la marche avec une vingtaine d’autres associations et partis politiques.

     

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    Poussant avec d’autres militants une énorme cage métallique noire sur roulettes tapissée de photos de « prisonniers politiques », Ouerdia Haddad est aussi venue dénoncer « les nombreuses arrestations perpétrées en Algérie ». « Celles-ci sont de plus en plus importantes ces dernières semaines (…) Ils s’attaquent à des activistes et même à des avocats pour porter un coup à la révolution », accuse cette architecte franco-algérienne, militante du « Réseau pour la lutte contre la répression » actif en Algérie et en France.

    Des dizaines de manifestants ont été placés en détention provisoire dans plusieurs villes d’Algérie pour avoir contrevenu à l’interdiction du drapeau culturel amazigh (berbère) lors des manifestations.

    Environ 760.000 immigrés algériens vivent en France, selon l’Institut national français de la statistique (Insee). Ils sont 1,7 million si on y ajoute leurs enfants nés en France.

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