France: nouveau Conseil de défense face au Covid, après les couacs du gouvernement

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Le président français Emmanuel Macron a réuni mercredi matin un Conseil de défense sur l’épidémie de Covid-19 pour discuter de possibles nouvelles mesures face à l’épidémie qui galope toujours, après une série de couacs en France autour du reconfinement.

Le bilan de la pandémie a une nouvelle fois dépassé mardi la barre de 400 morts en 24 heures, avec 426 décès des suites du Covid-19 à l’hôpital, auxquels s’ajoutent 428 morts enregistrés en quatre jours dans les établissements pour personnes âgées (Ehpad). Depuis le début de l’épidémie, le Covid-19 a fait 38.289 morts en France, selon le dernier bilan officiel.

Indicateur essentiel de la pression sur le système hospitalier, que le reconfinement – entré en vigueur en France le 30 octobre – vise à limiter, le nombre de patients gravement atteints dans les services de réanimation était mardi de 3.869, pour quelque 6.400 lits actuellement disponibles.

 

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Face à ces chiffres, l’exécutif français choisira-t-il de durcir ce reconfinement ? Des mesures plus restrictives sont sur la table, comme un possible « couvre-feu » à Paris ou en région parisienne, annoncé prématurément mardi par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Un couac retentissant qui a succédé à la polémique et aux voltes-face gouvernementales en France sur l’ouverture des commerces – de proximité ou grande distribution, puis produit par produit. Polémique qui a généré une fronde de dizaines de maires qui ont bravé dans différentes régions les décisions gouvernementales et pris des arrêtés pour autoriser la réouverture de magasins.

L’impression de désordre a été renforcée par une péripétie à l’Assemblée nationale, où les oppositions ont réussi dans la nuit à limiter à mi-décembre la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, alors que le gouvernement voulait qu’il soit étendu à la mi-février.

Or, c’est précisément ce régime d’exception qui permet de restreindre drastiquement les déplacements ou de confiner la population. Mais les députés de la majorité se sont retrouvés en minorité sur les bancs.

Des voix s’élèvent en France pour un durcissement des mesures face à la résurgence épidémique, comme Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris, qui s’est dit « consterné » par un confinement « complètement light ».

Ou Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, qui plaide pour un resserrement de la vis « si les chiffres ne s’améliorent pas ».

Les mesures dans l’éducation nationale, dont les établissements restent ouverts contrairement au premier confinement du printemps, sont également contestées, par les collectivités ou syndicats qui les juges difficilement applicables, comme par des élèves qui les dénoncent comme pas assez protectrices.