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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    La campagne présidentielle française a accéléré dimanche avec l’officialisation de la candidature de la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, et l’abandon des rênes de son parti par la cheffe de l’extrême droite Marine Le Pen pour se consacrer pleinement à l’élection.

    Marine Le Pen, déjà finaliste de la présidentielle de 2017 est très bien placée pour se qualifier au second tour de celle de 2022, selon les sondages. Mme Hidalgo, dont c’est la première candidature, est loin derrière dans les intentions de vote.

    Si Mme Le Pen risque de faire face à l’éventuelle candidature du sulfureux éditorialiste Eric Zemmour, qui entretient le flou sur ses intentions, Mme Hidalgo se lance dans un paysage politique beaucoup plus encombré, avec de nombreuses candidatures de l’extrême gauche aux socialistes en passant par les écologistes.

    Mme Le Pen, 53 ans, a transmis à son numéro deux Jordan Bardella la direction du Rassemblement national (RN) et détaillé son programme dans un discours à Fréjus (Sud), tandis que Mme Hidalgo, 62 ans, a confirmé qu’elle était candidate lors d’une allocution à Rouen (Ouest).

    A sept mois du premier tour, la première a égrené son slogan de campagne, les « libertés », pour aborder certains de ses thèmes de prédilection comme la lutte contre l’immigration et l’insécurité.

    Distillant les formules, elle a promis un référendum sur l’immigration dès son élection et la plus grande fermeté dans la lutte contre la criminalité, promettant de mettre « les délinquants français en prison, les étrangers, dans l’avion », ou encore de restaurer l’autorité publique dans les « narcocités ou les zones talibanisées ».

     

    – Référendum et proportionnelle –

     

    Elle a par ailleurs promis l’instauration du référendum d’initiative citoyenne, ou de la proportionnelle pour les élections.

    Sur le volet international, elle dit que la France quitterait le commandement intégré de l’Otan, promoteur selon elle de « la logique belliqueuse et anachronique des anciens blocs de la Guerre froide » et critiquant au passage le président islamiste turc Recep Tayyip Erdogan.

    « La France décidera librement des guerres ou des interventions militaires qu’elle accepte de mener en vertu de son intérêt national » et « plus aucun Français n’ira mourir dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », a-t-elle lancé.

    Dans les instances européennes, elle a promis de « redonner le pouvoir aux nations ».

    « Nous reconnaîtrons le droit à chaque Etat de faire valoir son intérêt national », a-t-elle affirmé, voulant « mettre fin à la dictature technocratique folle » dont elle accuse les institutions européennes.

    Mme Hidalgo a, elle, mis fin au faux-suspens sur sa candidature et déclaré être « candidate pour offrir un avenir à nos enfants, à tous nos enfants ».

    Vantant son « expérience » de maire de la principale ville française et sa politique de lutte contre la pollution automobile, elle a insisté sur la dimension écologique de sa campagne.

    « Nous devons réussir la transition écologique », a-t-elle lancé, promettant un « plan sur 5 ans pour décarboner notre économie », mais aussi des négociations pour augmenter les salaires, plus de décentralisation ou le droit à mourir, entre autres.

     

    – « Première femme présidente » –

     

    Mme Hidalgo, qui a dit qu’elle allait « élaborer dans la discussion » son projet, n’a pas donné de détails sur son programme international disant vouloir « une France plus forte, une France plus sûre dont la voix singulière doit à nouveau porter en Europe et dans le monde ».

    Les deux femmes ont aussi attaqué le président Emmanuel Macron, l’accusant d’arrogance.

    Mme Hidalgo a dit vouloir « mettre fin au mépris » et insisté sur le « respect ». Pour Mme Le Pen, il « n’y a rien de plus odieux qu’un gouvernement méprisant », évoquant les diverses manifestations qui ont émaillé la présidence Macron, depuis les gilets jaunes à celles des opposants au pass sanitaire destiné à lutter contre la pandémie.

    Ces deux figures de la politique française ont aussi parlé des femmes. Mme Hidalgo affirme que la présidentielle de 2022 sera le « rendez-vous de la première femme présidente de la République avec les femmes françaises », promettant qu’elles obtiendront « enfin l’égalité pleine et entière, des salaires comme des carrières ».

    Mme Le Pen a, elle, parlé des femmes confrontées à l’insécurité, promettant notamment de punir plus sévèrement le harcèlement de rue ou de lutter pour leur permettre de s’émanciper. « Nous rétablirons la liberté des femmes et des jeunes filles de circuler sans être importunées ou menacés (…) à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, dans n’importe quel quartier ».

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