France: manifestation à Paris contre le projet de loi dit « séparatisme »

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Manifestation contre un projet de loi qualifié d '«anti-séparatisme», à Paris le 14 février 2021. (Photo by GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Près de 200 personnes ont manifesté dimanche à Paris contre le projet de loi « séparatisme » du gouvernement, texte visant à renforcer l’arsenal contre l’islamisme radical, accusé de « renforcer les discriminations envers les musulmans », et pour le droit de ces derniers à « être des citoyens comme les autres ».

Le rassemblement, sans incidents, a eu lieu dans l’après-midi place du Trocadéro, face à la Tour Eiffel, à l’appel d’une coordination rassemblant plusieurs militants des droits de l’homme et associations telles que l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), le Parti des Indigènes de la République (PIR), ou l’Union juive française pour la paix (UJFP).

Présenté au Conseil des ministres le 9 décembre, le projet de loi confortant le respect des principes de la République (dit « projet de loi contre le séparatisme ») veut être un « marqueur » du quinquennat du président français Emmanuel Macron.

L’examen de ce texte, hautement sensible, en première lecture par les députés français s’est achevé samedi.

Il veut répondre à l’inquiétude des Français sur le terrorisme jihadiste, exacerbée après la décapitation de Samuel Paty, un enseignant tué mi-octobre pour avoir montré des caricatures de Mahomet, qui avait été suivie d’un attentat contre une église à Nice.

 

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« Le projet de loi +séparatisme+ donne au gouvernement la possibilité de dissoudre ou interdire des associations comme il l’entend. Or on a vu qu’il a déjà dissous abusivement des associations humanitaires ou des droits de l’homme (…) qui n’avaient rien à se reprocher et aidaient concrètement les gens. C’est un signal terrible pour les musulmans », a déclaré Medhi Meftah, du PIR, en dénonçant un « racisme d’Etat ».

« Je ne fais partie d’aucune association, mais je suis venue aujourd’hui pour réclamer la fin des discriminations contre les musulmans, qui se sont accentuées depuis les attentats de 2015 et nous empêchent d’être des citoyens comme les autres », a expliquée à l’AFP Nour, 39 ans, venue de Saint-Germain-en-Laye (région parisienne) et qui travaille dans les assurances.

« On a juste envie de vivre ensemble avec les autres, comme les autres, sans qu’on nous empêche, parce qu’on porte tel nom ou qu’on vient de tel quartier, d’avoir accès à tel emploi ou tel logement, ou qu’on se fasse sans cesse contrôler ou, comme ça nous arrive régulièrement, traiter de +sale bougnoule+ », a-t-elle ajouté.

Les attentats du 13 novembre 2015 en France, revendiqués par l’organisation terroriste État islamique (Daech), sont une série d’attaques perpétrées dans la soirée à Paris et dans sa périphérie par des commandos distincts. Le bilan officiel des victimes fait état de 130 morts.

« Après la présidentielle de 2017, on ne pensait pas que ce gouvernement ferait la politique de Marine Le Pen présidente du Rassemblement national, extrême droite) en instrumentalisant le terrorisme pour masquer son incompétences à gérer les crises sanitaire, sociale et économique », a déploré à l’AFP Najib Azergui, fondateur de l’Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF).