France: Macron accélère le déconfinement et promet de « tirer les leçons » du Covid-19

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Le président Emmanuel Macron a annoncé dimanche soir de nouvelles mesures de déconfinement et promis de « tirer les leçons » de la crise sanitaire du coronavirus qui a fait quelque 30.000 morts et plongé le pays dans une profonde crise économique et sociale.

Dans une allocution télévisée solennelle, la quatrième depuis le début de la crise sanitaire en mars, M. Macron s’est également exprimé sur une autre question brûlante en France, où des manifestations se sont déroulées samedi contre le racisme et les violences policières. Il a promis d’être « intraitable » face au racisme mais a mis en garde contre toute volonté d' »effacer l’histoire ».

Concernant le coronavirus, le chef de l’Etat a rappelé que l’épidémie n’était pas terminée, mais a salué « une première victoire contre le virus », et a annoncé que dès lundi, tout le territoire, çà l’exception de Mayotte et de la Guyane, deux territoires d’outre-mer, repasserait en « vert ». Concrètement, cela « permettra une reprise plus forte du travail » et la réouverture complète des cafés et restaurants en région parisienne, qui était jusque-là en zone orange.

Cette mesure était ardemment réclamée par le secteur de la restauration. Jusqu’à présent les cafés et restaurants en région parisienne ne pouvaient exploiter que leurs terrasses.

Le président français a également annoncé que les écoles et les collèges redeviendraient « obligatoires » à partir du 22 juin, alors que jusqu’à présent l’accueil des élèves se fait sur la base du volontariat ou des capacités d’accueil des écoles fortement limitées par un lourd protocole sanitaire.

 

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M. Macron a également annoncé la reprise des visites dans les maisons de retraite et les établissements d’hébergement médicalisés pour personnes âgées.

« Nous allons retrouver pleinement la France », a promis le président français. « Nous n’avons pas à rougir de notre bilan », a-t-il également martelé, alors que la gestion de la crise a été contestée à plusieurs reprises, notamment sur la pénurie de masques et d’équipements pour les soignants.

« Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. Bien sûr cette épreuve a aussi révélé des failles, des fragilités: notre dépendance à d’autres continents pour nous procurer certains produits, nos lourdeurs d’organisation, nos inégalités sociales et territoriales. Je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu », a déclaré le président de la République.

Soulignant que « 500 milliards d’euros » avaient été dépensés pour faire face, il a exclu d’augmenter les impôts pour financer les dépenses liées à la crise.

« La seule réponse est de bâtir un modèle économique durable et fort, de travailler et produire davantage pour ne pas dépendre des autres », a-t-il dit, alors que les perspectives s’annoncent très sombres pour l’économie française: la Banque de France anticipe une chute record d’environ 10% du PIB en 2020 et le taux de chômage devrait dépasser les 10% à la fin de l’année.

– pas de déboulonnage de statue –

Abordant la question du racisme et des violences policières, qui ont entraîné des manifestations en France, dans le sillage de la contestation aux Etats-Unis, le chef de l’Etat a assuré qu’il serait « intraitable » face « au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations ».

« Mais ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé » et un « combat inacceptable quand il est récupéré par les séparatismes », a-t-il poursuivi, martelant: « La République ne déboulonnera pas de statue ».

 

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Tout en reconnaissant qu’il existait des discriminations racistes dans le pays, il a mis en garde contre une contagion en provenance des Etats-Unis, où les manifestations provoquées par la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc, se sont accompagnées de la destruction de statues et la remise en cause d’œuvres artistiques anciennes que les manifestants jugent offensantes et racistes.

« Nous sommes une Nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion doit trouver sa place. Est-ce vrai partout et pour tout le monde ? Non », a reconnu le président français.

« Notre combat doit donc se poursuivre, s’intensifier pour permettre d’obtenir les diplômes et les emplois qui correspondent aux mérites et talents de chacun et lutter contre le fait que le nom, l’adresse, la couleur de peau réduisent encore trop souvent l’égalité des chances que chacun doit avoir », a-t-il déclaré.