France: l’histoire effroyable de Chahinez, 31 ans, brûlée vive par son mari

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Chahinez B., brûlée vive par son époux à Mérignac, en France. AFP/Mehdi Fedouach

Chahinez B., mère de famille algérienne de 31 ans, vivant en France depuis cinq ans, a été brûlée vive mardi 4 mai par son mari, tout récemment sorti de prison. L’assassin a été mis en examen ce vendredi pour homicide volontaire sur conjoint et placé en détention provisoire. 

Drame sans nom mardi 4 mai en fin d’après-midi, dans la commune de Mérignac, près de Bordeaux, en France. Une jeune femme d’origine algérienne, 31 ans, mère de trois enfants, a été violemment assassinée en pleine rue par son mari. Ce dernier venait de sortir de prison en décembre dernier, détenu alors pour «violences volontaires par conjoint» sur sa compagne et en présence de mineur.

Pour commettre son abominable forfait, Mounir B., conjoint de la victime, a patienté toute la journée devant le domicile de celle-ci, dans son véhicule et armé d’un fusil de chasse. Une fois qu’elle est apparue, il l’a suivie sur une centaine de mètres et tiré plusieurs coups de feu dans ses jambes. Il l’a ensuite aspergée d’un liquide inflammable avant de l’immoler par le feu, alors même qu’elle était encore vivante. Chahinez serait décédée d’une détresse respiratoire causée par la fumée l’incendie.

Le criminel s’est ensuite rendu au domicile de la victime où dormait le fils aîné à qui il a sommé de quitter les lieux. «La maison de la victime, située à quelques centaines de mètres du lieu du drame, [a été] découverte en partie incendiée, vide de tout occupant», a détaillé la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, lors d’une conférence de presse ce jeudi 6 mai.

Mounir B. a été retrouvé quelques minutes après dans la commune limitrophe de Pessac par des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC), et placé en garde à vue. Multirécidiviste, l’homme avait déjà été condamné 7 fois entre autres pour conduite sous emprise de l’alcool, pour «violences avec usage d’une arme», pour «vol avec destruction ou dégradation», et pour «violences par conjoint en présence d’un mineur» sur Chahinez en 2015 et 2020.

A la mi-mars, Chahinez avait porté plainte contre son conjoint pour une nouvelle agression, sans que l’homme soit retrouvé par la police.

Pourquoi Mounir B. a-t-il commis ce crime? Interrogé par les enquêteurs, il a indiqué qu’il était persuadé que son épouse le trompait. Il a souhaité ainsi se venger et la punir en «brûlant un peu sa femme pour lui laisser des marques», a indiqué la procureure de la République de Bordeaux.

Employée de mairie à la restauration scolaire au sein de l’école du quartier, où étaient scolarisés ses enfants, Chahinez vivait en France depuis cinq ans, originaire d’un petit village en Algérie. La défunte était réputée discrète, entièrement dévouée à ses trois enfants âgés de 13, 8 et 5 ans (les deux plus grands issus d’un premier mariage).

Ce vendredi, Mounir B., 44 ans, a été mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint et placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Bordeaux. Il a été mis en examen «des chefs d’homicide volontaire par conjoint, destruction volontaire par incendie, violences volontaires sans ITT avec arme en récidive légale», un dernier chef d’accusation lié au fait qu’il a menacé un voisin qui essayait de porter secours à la victime.

Selon la presse française, il s’agit du 39e féminicide en France en 2021.