France: le second tour des municipales fixé au 28 juin

Au nom d’une nécessaire reprise de la « vie démocratique », le gouvernement français a décidé d’organiser fin juin le second tour des élections municipales annulé fin mars du fait de la pandémie de covid-19, sauf si la crise rebondissait.

Ce second tour aura lieu le 28 juin, plus de trois mois après un premier tour controversé, organisé en pleine pandémie, a annoncé vendredi le Premier ministre Edouard Philippe.

« Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits », a déclaré M. Philippe lors d’une conférence de presse, en soulignant que cette décision était « réversible » en fonction des conditions sanitaires.

Le scrutin sera organisé dans les quelque 4.897 communes où le premier tour n’a pas été décisif, soit pour quelque 16 millions d’électeurs.

Les quelque 30.000 conseils municipaux élus au complet au premier tour le 15 mars entrent eux en fonction à partir de samedi pour élire les maires et les adjoints dans des conditions sanitaires renforcées.

Situation exceptionnelle, il aura fallu deux mois pour mettre en place les nouvelles équipes, contre cinq jours habituellement après leur élection. Le mandat des maires sortants a ainsi dû être prolongé.

 

 

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L’exécutif avait maintenu la tenue du premier tour le 15 mars, à la veille de l’annonce du confinement en France, et le scrutin avait été marqué par un bond massif de l’abstention, dépassant 55% des électeurs.

Le second tour, initialement prévu le 22 mars, avait été reporté alors que l’épidémie de Covid-19 flambait en France.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a de son côté précisé que les électeurs devraient porter un masque dans les bureaux de vote, en faisant valoir que ce second tour ne devait pas « devenir un facteur de circulation du virus ».

« Il conviendra donc de faire campagne différement », a-t-il expliqué, en évoquant « le respect systématique des gestes barrière » et la nécessité de « privilégier les campagnes numériques ».

Cette annonce survient dans un contexte d’amélioration toujours progressive de l’état sanitaire du pays. Le bilan de l’épidémie de Covid-19 s’établissait jeudi soir à au moins 28.215 morts, avec 83 nouveaux décès enregistrés depuis la veille, selon un bilan officiel.

 

 

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La question des élections divisait les forces politiques. De nombreux cadres de la majorité, notamment le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, étaient réservés quant à la tenue d’un scrutin en juin et pointaient les risques sanitaires, la probabilité d’une forte abstention ou la difficulté de faire campagne à l’aune du déconfinement progressif.

A l’inverse, les partisans d’un deuxième tour rapide faisaient valoir la nécessité d’installer les exécutifs locaux qui ont la main sur la commande publique, cruciale dans la relance du pays.

Un report au-delà du mois de juin aurait par ailleurs obligé à reprogrammer l’intégralité du scrutin (1er et 2nd tours) dans les 5.000 villes concernées, alors même que le Conseil scientifique a considéré que la tenue d’un seul tour présentait moins de risques sanitaires que deux.