France: le braqueur Faïd toujours en cavale après son évasion spectaculaire

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Le braqueur récidiviste Redoine Faïd est toujours activement recherché  en France au lendemain de son évasion spectaculaire par hélicoptère d’une prison et une mission d’inspection a débuté lundi sur la sécurité dans l’établissement.
Vingt-quatre heures après les faits, quelque 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés sur tout le territoire français pour tenter de rattraper le nouveau « roi de l’évasion » qui s’était déjà échappé il y a cinq ans d’une prison du nord du pays.
Alors que de nombreuses questions se posent sur le niveau de sécurité de cette prison de Réau, près de Paris, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a reconnu sur Europe 1 une éventuelle défaillance. « Je ne prétends pas qu’il n’y a pas ici de défaillance. Il y en peut-être une. Si c’est le cas, nous y porterons remède immédiatement », a-t-elle dit.
« J’ai demandé à ce qu’une mission d’inspection générale de la justice se rende sur place dès aujourd’hui », a-t-elle précisé.
Presque au même moment sur RTL, le Premier ministre Edouard Philippe a quant à lui affirmé que « l’urgence, c’est la mobilisation pour retrouver cet individu » tout en reconnaissant que cette évasion « pos(ait) beaucoup de questions ».
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Les faits se sont déroulés dimanche matin: un hélicoptère avec un « commando armé » de trois complices s’est posé dans la cour d’honneur de la prison pour faire évader Redoine Faïd, lors d’une opération qui a duré dix minutes.
L’hélicoptère a été retrouvé en région parisienne partiellement incendié et le pilote, qui avait été pris en otage, a été découvert en état de choc après avoir été roué de coups.
Faïd et ses complices ont pris la fuite dans une berline noire, au volant de laquelle se trouvait un quatrième homme. La voiture a été retrouvée dans le parking d’un centre commercial de la banlieue parisienne.
Selon une source proche de l’enquête, le commando a ensuite disparu à bord d’au moins un autre véhicule.
« Commando très bien préparé » 
« Nous sommes face à un commando qui était très bien préparé, très bien organisé et qui s’est posé sur le seul espace très restreint qui existait dans cette prison et qui n’était pas pourvu de filins anti-hélicoptère », a réagi la ministre de la Justice.
Pour Emmanuel Baudin, secrétaire générale du syndicat FO pénitentiaire, Faïd « n’était pas dans le bon établissement ». « On aurait dû le mettre dans une centrale sécuritaire (…) où jamais un hélicoptère ne peut se poser parce qu’il y a des filins partout, parce que les miradors sont très hauts et très armés », a déclaré le syndicaliste sur France Info.
En juin 2013, un rapport commandé par la Direction de l’Administration pénitentiaire (DAP) avait mis au jour des dysfonctionnements au sein du centre pénitentiaire de Réau, principalement liés au laxisme de l’encadrement dans le quartier maison centrale, la section dédiée aux détenus considérés comme les plus dangereux.
Cette inspection avait été diligentée après la tentative, par deux détenus, de faire sauter une porte de la cour de promenade. Parmi eux figurait Smaïn Ait Ali Belkacem, l’un des auteurs des attentats de 1995 en France.
Selon la DAP, le centre de détention de Réau, qui compte actuellement 650 détenus pour 800 places, présente « un niveau de sécurité adapté pour accueillir des détenus particulièrement signalés, des profils lourds ».
Pour une source pénitentiaire, une opération aussi préparée suppose une communication entre l’intérieur et l’extérieur de la prison: or, « les brouilleurs en place à Réau, inaugurée en 2011, sont obsolètes, comme dans les trois quarts des 800 établissements équipés » en France.
Redoine Faïd a été condamné en appel en avril à 25 ans de réclusion pour un braquage raté qui avait coûté la vie en 2010 à la policière municipale Aurélie Fouquet, mitraillée à l’issue d’une course folle sur l’autoroute.
Il a été condamné deux fois en 2017: à 10 ans de réclusion pour s’être évadé de prison en 2013 et à 18 ans de prison pour l’attaque d’un fourgon blindé en 2011.