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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    A quelques semaines d’intervalle, deux imams officiant dans des mosquées en France, ont été suspendus pour des propos jugés sexistes. Le dernier en date est un imam comorien d’une mosquée du centre de la France, suspendu à la suite de propos discriminatoires envers les femmes tenus lors de l’Aïd al-Adha, la plus importante fête musulmane.

    « Mmadi Ahamada a été suspendu de ses fonctions, comme demandé par la préfète de la Loire qui l’a convoqué hier après-midi », a déclaré à l’AFP Nabil Douibi, porte-parole de la mosquée Attakwa de Saint-Chamond (Loire).

    Le porte-parole, ainsi que le président de l’association cultuelle qui gère cette mosquée, Abdelnacer Zaïdi, ont refusé de se prononcer sur le prêche incriminé, dont le contenu est jugé « discriminatoire et contraire à l’égalité femme/homme », selon la préfète du département la Loire, Catherine Séguin.

    Cette dernière a ajouté dans un communiqué, que « conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, la question du non renouvellement de son titre (de séjour) est à l’étude ».

    Dans une vidéo du prêche du 20 juillet, postée sur la page Facebook de la mosquée, l’imam s’adresse à plusieurs centaines d’hommes réunis en plein air, le jour de l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice (également appelée Aïd el-Kébir, ou grande fête), s’exprimant tantôt en arabe, tantôt en français. Il demande notamment aux « femmes musulmanes désireuses d’entrer au Paradis (d’)obéir à (leur) mari (…), veiller aux droits d’Allah et à ceux de leur époux ».

    « Restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam et ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage », exhorte le religieux, qui les invite à ne pas céder à « la corruption et au vice ».

    Une conseillère régionale d’extrême droite avait dénoncé mardi ce prêche, reprochant à cette mosquée « une conception inégalitaire du droit des femmes ».

    « Propos sexistes »

    Quelques semaines plus tôt, dans les Hauts-de-Seine, à Gennevilliers, le prêche d’un imam de la mosquée Ennour, réputée sans histoire, dont le contenu est “très vindicatif, comportant notamment des propos contraires à l’égalité homme/femme”, a été signalé à la préfecture par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, selon une note rédigée le 13 juin et consultée vendredi par l’AFP.

    Cet imam, “qui ne semble pas être le ministre du culte principal de cette mosquée”, “aurait accusé les femmes de manquer de pudeur”, détaille cette note, “visant particulièrement ‘celles qui partagent sur les réseaux sociaux des leçons de maquillage ou des tenues qui mettent en valeur les formes de leur corps, qui sont habitées par sheitan’” (c’est-à-dire le diable).

    Au cours d’une réunion début juillet entre la préfecture et le président de l’association Ennour, “il a été spécifié que cet imam ne pouvait plus prêcher dans le 92 dans le cadre de la lutte contre le séparatisme”, a assuré à l’AFP la préfecture. “Cela a été suivi d’effet quasi immédiatement”.

    Cet événement a suscité beaucoup d’émoi sur les réseaux sociaux où l’imam Mehdi, s’exprimant à travers le nom de média « Islammag », est suivi par des dizaines de milliers de personnes. Nombreux sont ceux qui lui ont témoigné leur soutien, dénonçant une atteinte au principe de laïcité avec une ingérence manifeste du ministre de l’intérieur dans les affaires du culte musulman.

    Ils récusent également l’accusation de « propos sexistes », puisque l’imam Mehdi adressait son discours sur la pudeur dans la tenue vestimentaire et le comportement en islam aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Voici l’extrait du prêche incriminé:

    Dans une vidéo publiée hier sur son compte Instagram, l’imam souligne qu’il s’agit d’un prêche « qui date d’il y a un mois et demi » dont on a extrait « simplement même pas une minute » où il s’exprime sur le thème de la pudeur.

    « J’avais parlé de ce que c’est que la foi, j’avais parlé des dealers, de la prostitution juvénile, j’avais parlé des frères qui vendent de la drogue, qui jouent dans les pmu, qui jouent à des choses dans lesquelles ils ne matérialisaient pas leur foi. J’ai parlé également de la pudeur, et on a retenu que ça », réagit l’imam Mehdi dans cette publication.

    « Je pense que le ministre de l’Intérieur veut faire une diversion par rapport à tout ce qui est en train de se passer », analyse le responsable religieux alors que la France traverse une crise sociale, sanitaire et politique.

    Concernant son « limogeage » de la mosquée de Gennevilliers, l’imam Mehdi précise qu’il ne détient même pas de contrat d’embauche avec le lieu de culte. « Je fais mes prêches de manière totalement bénévole comme dans les autres mosquées dans lesquelles j’interviens », a-t-il affirmé.

     

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    Le débat récurrent sur la place de l’islam en France est régulièrement alimenté par des polémiques, alors que le nombre d’habitants de confession ou de tradition musulmane sur le territoire métropolitain n’est que de 9% de la population.

    Par ailleurs, la France a été ciblée par des attaques attaques islamistes meurtrières et sans précédent, qui ont fait plus de 265 morts depuis 2015.

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