France: des « gilets jaunes » faiblement mobilisés pour leur 25e journée de manifestations

Les « gilets jaunes », nombreux dans les cortèges syndicaux du 1er mai qui ont rassemblé entre 150.000 et 300.000 personnes en France mercredi, semblaient beaucoup moins présents dans la rue ce samedi, alors que la mobilisation paraît s’essouffler.

Ce mouvement inédit, qui manifeste tous les week-ends depuis la mi-novembre contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, s’est étiolé au fil des mois.

Samedi dernier, 23.600 manifestants avaient été recensés par les autorités, un chiffre contesté par les gilets jaunes qui comptabilisaient de leur côté « 60.132 manifestants minimum ».

Pour cette 25e journée de mobilisation, quelques centaines de personnes maximum se disaient participantes à chacun des événements relayés sur Facebook partout en France.

A Paris, trois manifestations déclarées ont été autorisées par la préfecture, dont une prévoyait de faire un tour des sièges des médias, dans l’ouest de la capitale.

Le principal cortège de plusieurs centaines de personnes s’est élancé à la mi-journée de l’hôpital Lariboisière, dans le nord de Paris, en direction de la place de la Nation, plus à l’est.

 

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Par ailleurs, en fin de matinée, une vingtaine de « gilets jaunes » ont distribué des tracts à l’aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle pour protester contre la privatisation de la société Aéroports de Paris.

« On est là pour demander l’annulation de cette vente. Et un référendum pour demander la renationalisation des autres biens communs, aéroports, autoroutes… tout ce qui fait notre patrimoine », a dit à l’AFP Guillaume, un Parisien de 29 ans.

Ces rassemblements ont lieu trois jours après des heurts entre manifestants et forces de l’ordre lors du défilé du 1er mai, marqué par l’intrusion de plusieurs dizaines d’entre eux dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière après un mouvement de panique.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, sous le feu des critiques après avoir parlé d' »attaque », a reconnu vendredi qu’il n’aurait pas dû employer ce mot. Les 31 personnes placées en gardes à vue après cet incident, libérées depuis, tiendront une conférence de presse dans l’après-midi.

 

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La préfecture de police de Paris a reconduit son arrêté d’interdiction de manifester sur les Champs-Elysées et dans un périmètre incluant l’Assemblée nationale, le palais présidentiel de l’Elysée et le secteur de la cathédrale Notre-Dame, gravement endommagée mi-avril par un incendie.

Des « gilets jaunes » ont par ailleurs appelé à « reprendre » les ronds-points à travers le pays, où plusieurs d’entre eux ont longtemps campé. Des « barbecues anti-Macron » doivent se tenir à l’initiative du député de gauche radicale François Ruffin, qui y projettera son film « J’veux du soleil » sur les « gilets jaunes ».

Des appels à manifester ont également été lancés dans plusieurs grandes villes de province comme Lyon (centre-est), Toulouse (sud-ouest) ou Montpellier (sud).

Dans une tribune intitulée « Gilets jaunes: Nous ne sommes pas dupes! », publiée sur le site du quotidien Libération, des comédiennes comme Juliette Binoche ou Emmanuelle Béart, des écrivains comme Édouard Louis ou Annie Ernaux, ainsi que 1.400 autres acteurs du monde de la culture ont apporté samedi leur soutien au mouvement.