France: un «commando» anti-islam revendique des attaques au marteau à Dijon

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Le mystérieux groupe, qui dit vouloir «contrer l’islamisation» de la France, a fait part de son admiration pour le terroriste norvégien Anders Breivik, et a prévenu de son intention de mener de nouvelles attaques, dans des messages transmis jeudi et vendredi au quotidien Le Bien Public.

Le 26 septembre dernier, un agresseur au visage dissimulé attaquait une femme et deux hommes à coups de marteau dans les environs de l’université de Dijon. Les trois personnes avaient été légèrement blessées. L’une d’elles avait dû être hospitalisée pour des points de suture au visage.

Jeudi, le quotidien Le Bien Public a reçu un message audio lu par une voix synthétique dans lequel un mystérieux groupe, baptisé le «commando de défense du peuple et de la patrie française», revendique cette agression. Dans cet enregistrement, l’organisation affirme que les attaques «sur le site de l’université de Bourgogne, au cœur de l’un des symboles du multiculturalisme, marquent l’acte de naissance de notre mouvement».

Affirmant son intention de «contrer l’islamisation» de la France, le commando, précise que les victimes ont été «choisies» en raison notamment de leur port du voile ou de leur couleur de peau. Des éléments qui coïncident avec les faits et qui «montrent que les personnes qui ont fait cette bande sonore sont bien renseignées», a confié à l’AFP le procureur de la République de Dijon, Éric Mathais. Vendredi Le Bien Public a reçu un autre mail dans lequel «le groupe déclare son admiration pour Anders Behring Breivik», auteur d’une tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011. Il «fait également part de son intention de passer une nouvelle fois à l’acte», selon le quotidien régional.

Doutes

S’il est trop tôt pour juger de l’authenticité de cette revendication, «nous allons l’exploiter très sérieusement», a affirmé Éric Mathais. «Ce groupuscule n’est ni connu localement, ni nationalement», a-t-il ajouté, précisant que l’enquête se trouve désormais entre les mains de la police judiciaire. «S’il s’agit d’une revendication opportuniste, ce qu’on a plutôt tendance à penser dans un premier temps, certains propos ne sont pas tolérables, des menaces de mort ou incitations à la haine raciale, et sont susceptibles de faire l’objet de poursuites» en eux-mêmes, a-t-il averti.

Le procureur s’est également étonné du temps écoulé entre les faits et la revendication. Mais si celle-ci est authentique, «elle serait susceptible d’aider à identifier les auteurs, voire les complices» des attaques, a-t-il poursuivi.

Deux autres attaques au marteau avaient eu lieu le 15 septembre à Chalon-sur-Saône dans le département voisin de Saône-et-Loire, dont une au cri d’«Allah Akbar», mais les enquêteurs n’ont jusqu’ici pas établi de lien entre ces affaires.