France: "blocage total" des prisons pour réclamer plus de sécurité

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Crédit: AFP

Les premières opérations de « blocage total » des prisons françaises ont débuté lundi à l’aube à l’appel de syndicats de surveillants qui réclament plus de sécurité après l’agression de trois gardiens par un détenu jihadiste dans le nord de la France.
« C’est une opération prison morte. Tout sera fait au ralenti. Les agents sont très déterminés », a déclaré à l’AFP Jean-François Forget du syndicat Ufap-Unsa Justice.
Des débrayages avaient déjà eu lieu dans plus d’un tiers des établissements pénitentiaires français, vendredi, au lendemain de l’agression qui a eu lieu à la prison de Vendin-le-Vieil. Trois gardiens avaient été blessés à l’arme blanche par l’islamiste allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.
A Vendin-le-Vieil, une centaine de surveillants bloquaient à nouveau, « quasiment totalement », la prison lundi matin, a constaté une journaliste de l’AFP.
Les syndicats critiquent en particulier le récent allègement des conditions de détention de Christian Ganczarski et réclament le départ du directeur de cet établissement, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Lille.
La deuxième revendication semble avoir été entendue puisque le directeur de la prison a demandé à être « relevé de son commandement », a indiqué le directeur interrégional des services pénitentiaires Alain Jégo.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet doit se rendre mardi dans cette prison ultra-sécurisée qui doit accueillir Salah Abdeslam, seul survivant des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, pendant son procès en Belgique en février pour une fusillade à Bruxelles pendant sa cavale.
Samedi matin, le cabinet de la ministre a reçu les syndicats, mais ceux-ci disent avoir quitté les discussions en « claquant la porte », déplorant le manque de « réponse concrète ».
Ailleurs en France aussi, des barricades ont été dressées dès l’aube autour des prisons. Plusieurs établissements de la région parisienne étaient totalement bloqués, selon des sources syndicales à l’AFP
Aux Baumettes, à Marseille (sud-est), une cinquantaine de gardiens, postés devant les deux entrées de la prison, entendent bloquer « pendant quelque temps » l’entrée des agents venant prendre leur service.