France: 4e journée de mobilisation pour réclamer un retrait de la réforme des retraites

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Et de quatre: les syndicats exigeant le retrait de la réforme des retraites, menés par la CGT et FO, organisent jeudi une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et manifestations, dans un bras de fer avec l’exécutif qui dure depuis plus d’un mois.

Le 5 décembre, au premier jour du mouvement, entre 806.000 (ministère de l’Intérieur) et 1,5 million (CGT) de personnes avaient battu le pavé, un score inégalé les 10 et 17 décembre.

Jeudi, il y aura « 216 manifestations en France, il n’y en a jamais eu autant » a assuré le leader de la CGT, Philippe Martinez, sur Europe 1, vantant « un combat juste » contre une « mauvaise » réforme.

La SNCF, qui a appelé les Franciliens à éviter les trains de banlieue jeudi, annonçait un trafic « très perturbé », avec 60% des TGV, 40% des TER et un tiers des Transilien en circulation.

« C’est une journée a priori de fortes mobilisations », a indiqué la compagnie ferroviaire, où le taux de grévistes a commencé mercredi à remonter très légèrement.

A la RATP, le trafic reste « fortement perturbé », malgré quelques « améliorations » sur quatre lignes du métro parisien.

 

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Chez ces deux opérateurs, la grève, ininterrompue depuis 36 jours, s’avère la plus longue depuis la création de la SNCF en 1938.

Sur les routes d’Ile-de-France, peu avant 09H00, on enregistrait « seulement » 375 km de bouchon, un chiffre inhabituellement bas par rapport aux pics des dernières semaines, tandis que la préfecture de police indiquait sur Twitter avoir débloqué « 15 centres de bus au total sur l’agglomération parisienne ».

Mais pour Philippe, professionnel libéral de 49 ans interrogé par l’AFP à la gare de Lyon à Paris et contraint de prendre se voiture depuis Corbeil-Essonnes, « c’est un cauchemar et c’est de pire en pire ! ».

Tai, agent d’entretien de 53 ans vivant à Asnières, est quant à lui « parfois obligé de dormir au boulot », n’arrivant « pas toujours à rentrer ».

De son côté, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) anticipe des « perturbations et des retards » possibles. Elle a demandé aux compagnies aériennes d’annuler un tiers des vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Toulouse.

En dehors des transports, les grèves se poursuivent également dans d’autres secteurs, notamment chez les avocats, dans les raffineries, l’éducation nationale, et la Tour Eiffel était à nouveau fermée jeudi.

« On demande au gouvernement de revenir à la raison et de suspendre ce projet » a redit jeudi sur BFM Business François Hommeril, le patron de la CFE-CGC.

La suite du mouvement sera décidée lors d’une réunion jeudi soir, après la manifestation parisienne qui partira en début d’après-midi de place de la République, direction l’église Saint-Augustin, près de la gare Saint-Lazare.

Depuis le début de la crise, des concessions ont déjà été faites par l’exécutif à plusieurs corps de métier (policiers, marins, pilotes…).

Mais l’intersyndicale campe sur sa position de retrait pur et simple du texte, à l’instar du leader de FO, Yves Veyrier, qui s’exprimait jeudi sur Radio Classique et pour qui les discussions avec le gouvernement sont « de la rocambole et de la pacotille ».

L’exécutif tente donc plutôt d’amadouer la CFDT, favorable au principe d’un système « universel » par points unifiant les 42 régimes actuels, mais braquée sur l’âge pivot à 64 ans.

Cotisations patronales

En début de semaine, Edouard Philippe a accepté la « conférence de financement » suggérée par le leader cédétiste Laurent Berger et invité les partenaires sociaux vendredi pour parler du « mandat de cette conférence » et du « délai qui lui sera accordé ».

La CFDT a bien reçu ce « signe d’ouverture », a dit M. Berger mercredi, tout en jugeant qu’on était « encore loin d’un accord » et d’un « abandon » de l’âge pivot.

Pour maintenir la tension, son syndicat a lancé une pétition en début de semaine contre l’âge pivot et prévoit des rassemblements un peu partout samedi, jour également choisi par l’intersyndicale hostile à la réforme pour une cinquième mobilisation.

Sur le financement du système des retraites, il réclame comme la CGT que la hausse des cotisations patronales soit mise sur la table vendredi. Pas question pour le patronat.

D’ici à la présentation du projet en conseil des ministres le 24 janvier, les rencontres entre les syndicats et des membres du gouvernement doivent se poursuivre, notamment sur la pénibilité ou l’emploi des seniors. Mais dans la fonction publique, la CGT, la CFE-CGC et la FSU ont claqué la porte mercredi de celle sur la pénibilité.