Explosion à Beyrouth: le Premier ministre Diab et troix ex-ministres inculpés

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Newly-assigned Lebanese Prime Minister, Hassan Diab, speaks to journalists after his meeting with Lebanese President Michel Aoun at the presidential palace, in Baabda, east of Beirut, Lebanon, Thursday, Dec. 19, 2019. Aoun named Diab as prime minister after a day of consultations with lawmakers in which he gained a simple majority of the 128-member parliament. Sixty-nine lawmakers, including the parliamentary bloc of the Shiite Hezbollah and Amal movements as well as lawmakers affiliated with President Michel Aoun gave him their votes. (AP Photo/Hussein Malla)

Le juge libanais chargé de l’enquête sur l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth a inculpé jeudi le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab et trois ex-ministres de négligence, premières inculpations d’hommes politiques annoncées quatre mois après le drame.

Selon une source judiciaire, M. Diab ainsi que les ex-ministres Ali Hassan Khalil (Finances), Ghazi Zaayter et Youssef Fenianos, qui avaient toux deux dirigé le ministère des Travaux publics et des Transports, ont été inculpés de « négligence et d’avoir causé des décès ».

Le juge Fadi Sawan commencera à interroger les accusés lundi, a précisé à l’AFP cette source judiciaire qui a requis l’anonymat.

C’est la première fois qu’un Premier ministre en exercice est inculpé dans le cadre de ses fonctions au Liban.

Le bureau de M. Diab a immédiatement réagi, affirmant que ce dernier avait « la conscience tranquille ». « Il est sûr d’avoir les mains propres et d’avoir géré le dossier (…) de manière responsable et transparente. Ce ciblage surprenant va au-delà de la personne et attaque le poste (de Premier ministre) en tant que tel. »

Le 4 août, une déflagration au port de Beyrouth, déclenchée par un incendie dans un entrepôt abritant depuis des années des tonnes de nitrate d’ammonium sans précaution, a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés. Elle a détruit le port et des quartiers de la capitale.

M. Diab a démissionné quelques jours après le drame, sous la pression de la rue, mais il continue aujourd’hui de gérer les affaires courantes en attendant la formation d’un nouveau gouvernement par Saad Hariri.