États-Unis-Iran: les (dernières) déclarations chocs de Donald Trump

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Après avoir annoncé qu’il serait «le meilleur ami» des Iraniens, si ceux-ci renonçaient au nucléaire, le président américain a annoncé de nouvelles sanctions «majeures» contre l’Iran à compter de lundi, précisant qu’une action militaire était «toujours sur la table».

Le président américain Donald Trump souffle décidemment le chaud et le froid dans le conflit qui l’oppose à l’Iran. Ce samedi 22 juin, il a successivement déclaré qu’il serait le «meilleur ami» des Iraniens s’ils renonçaient à «l’arme nucléaire»… avant d’annoncer, trois heures plus tard, que Washington allait procéder à de nouvelles sanctions «majeures» contre l’Iran.

«Nous mettons au point des sanctions supplémentaires contre l’Iran», a déclaré Donald Trump à des journalistes à la Maison blanche avant de se rendre à Camp David, la villégiature des présidents américains au nord de Washington, pour y débattre du dossier iranien. Ces sanctions doivent empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, a-t-il précisé. «Dans certains cas, nous procédons lentement, mais dans d’autres cas, nous avançons rapidement», a ajouté le président américain, tout en soulignant qu’une action militaire est «toujours sur la table».

«L’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires! Nous mettons en oeuvre d’importantes sanctions supplémentaires contre l’Iran lundi», a tweeté un peu plus tard le président américain depuis Camp David, ajoutant: «J’attends avec impatience le jour où des sanctions aboutiront et cesseront, et où l’Iran redeviendra une nation productive et prospère».

Seulement trois heures plus tôt, en pleines tensions avec Téhéran, Donald Trump avait fait une autre déclaration surprenante devant la presse, dans les jardins de la Maison-Blanche: «Nous n’allons pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire et quand ils auront accepté cela, ils auront un pays riche, ils seront tellement heureux et je serai leur meilleur ami. J’espère que ça va arriver».

Ces deux dernières déclarations attestent d’un nouveau revirement dans une escalade de tensions rythmées par les déclarations chocs du président américain, qui a ouvert les hostilités il y a trois jours après qu’un drône de l’US Navy a été abattu par l’Iran.

Jeudi, le président américain s’était emporté une première fois sur Twitter, menaçant l’Iran d’avoir fait «une énorme erreur!», et précisant que le drone abattu se trouvait «dans l’espace aérien international». Washington et Téhéran se livrent depuis à une guerre de communication sur la localisation exacte du drone au moment où il a été ciblé. «Notre pays n’acceptera pas cela, je peux vous le dire» a fermement déclaré Donald Trump.

Mais, semblant vouloir faire baisser la température, il a ensuite évoqué la piste d’une erreur du côté iranien faite par quelqu’un de «stupide»«J’ai du mal à croire que cela était délibéré» a déclaré Trump depuis le Bureau ovale. A la question «quelle sera votre réponse M. le Président», Donald Trump avait simplement rétorqué un énigmatique «vous verrez», laissant entendre qu’une réponse militaire se préparait en coulisses.

C’était sans compter une marche arrière inattendue, vendredi matin. Dans une série de tweets, le président américain a déclaré avoir rétropédalé quelques minutes avant une le coup d’envoi de frappes contre l’Iran. Il y a donné un aperçu inédit – et très personnel – de sa prise de décision sur ce dossier aux lourds enjeux militaires et stratégiques: «Nous avions le doigt sur la gâchette, sécurité enlevée, prêts à riposter la nuit dernière contre trois sites différents quand j’ai demandé combien (de personnes) allaient mourir», a-t-il raconté. «150 personnes, monsieur, a été la réponse d’un général. 10 minutes avant la frappe, je l’ai stoppée, c’était disproportionné par rapport à une attaque contre un drone». Dans un extrait d’une interview à NBC, le président a assuré que les avions américains n’avaient donc pas décollé quand il a pris sa décision. «Mais ils auraient été (dans les airs) rapidement. Et les choses en seraient arrivées à un point où (…) on n’aurait pas pu faire marche arrière», a-t-il dit.