Etat d’alerte à Gaza après des attentats fatals à trois policiers du Hamas

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La bande de Gaza était en « état d »alerte » mercredi après des attentats à la bombe dans lesquels au moins trois policiers ont été tués, renforçant les tensions dans l’enclave palestinienne sous blocus israélien et dirigée par le Hamas.

« Les services de sécurité à Gaza ont sous la main des premières informations concernant ce crime odieux et leurs auteurs et poursuivent leurs enquêtes afin d’établir les circonstances exactes (…) de ces attentats à la bombe », a indiqué le ministère de l’Intérieur à Gaza, ajoutant que l’enclave était en « état d’alerte ».

Les autorités, qui avaient évoqué dans la nuit des « explosions » d’origine indéterminée, ont fait passer le bilan des attaques, survenues contre des check-points de la police dans la ville de Gaza, de deux à trois morts, en plus de trois blessés.

Des témoins ont déclaré à l’AFP qu’il s’agissait d’attentats suicide menés par des kamikazes à moto. Le ministère de l’Intérieur n’a pas confirmé ces informations, mais selon une source proche de l’enquête, « les soupçons pèsent du côté des salafistes ».

 

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Il s’agirait des premiers attentats suicide dans l’enclave palestinienne en plus de deux ans.

D’après le ministère de l’Intérieur, deux policiers ont été tués et une autre personne blessée dans le quartier de Tal al-Hawa dans la ville de Gaza. Dans la deuxième attaque, un policier a été tué et deux personnes blessées sur une route longeant la mer dans cette même ville.

Des journalistes de l’AFP ont constaté une présence renforcée des hommes du Hamas sur les axes principaux de l’enclave palestinienne, coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

« Les attentats visent à saper la stabilité de Gaza et ne servent que les intérêts d’Israël », a affirmé le chef du bureau politique du Hamas, Ismaël Haniyeh.

« Nous demandons à la population de se rallier derrière nos services de sécurité et de les soutenir afin de pouvoir rétablir l’ordre », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les trois policiers décédés, considérés comme des « martyrs » par le Hamas, se nomment Salama Majid al-Nadim, 32 ans, Wael Moussa Mohammed Khalifa, 45 ans, et Alaa Ziad al-Gharabli, 32 ans, a précisé le ministère gazaoui. Leurs funérailles sont prévues mercredi après-midi.

Tensions

Le dernier attentat suicide dans la bande de Gaza a eu lieu le 17 août 2017 lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser à un check-point tenu par le Hamas dans le sud du territoire, près de la frontière avec l’Egypte. Le mouvement avait alors interpellé des dizaines de salafistes présumés.

Le Hamas, mouvement islamiste issu des Frères musulmans qui exerce un pouvoir sans partage sur la bande de Gaza, est confronté depuis des années au défi représenté par la mouvance salafiste, et en particulier aux jihadistes au sein de cette dernière.

Les derniers attentats surviennent alors qu’une série de tirs de roquette suivis de représailles israéliennes, ainsi que des affrontements à la frontière, font craindre depuis mi-août une escalade entre des mouvements armés de Gaza et Israël, à l’approche des élections législatives israéliennes du 17 septembre.

Les autorités israéliennes ont accusé les islamistes du Hamas d’être responsables de ces violences qui fragilisent un accord de trêve négocié par l’ONU et l’Egypte et qui prévoit un allégement du blocus israélien sur Gaza en échange de la fin des opérations militaires depuis l’enclave.

 

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Plus précisément, l’armée israélienne accuse le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, de ne pas en faire assez pour contenir son allié du Jihad islamique.

Le ministère de l’Intérieur à Gaza n’a pas indiqué si les attentats de la nuit étaient liés à d’éventuelles tensions entre le Hamas et le Jihad islamique.

Par ailleurs, après de nouvelles salves de roquettes depuis Gaza vers Israël ce week-end, les autorités israéliennes ont réduit de moitié les livraisons de carburant pour Gaza, essentielles pour alimenter l’unique centrale électrique de l’enclave palestinienne soumise à un blocus israélien.