Espagne: les ministres clés du gouvernement de Pedro Sanchez

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Le chef de la gauche radicale de Podemos, une ancienne de la Commission européenne tenante de l’orthodoxie budgétaire, des expertes du changement climatique ou du commerce international: voici les ministres clés du nouveau gouvernement espagnol.

PABLO IGLESIAS, vice-président en charge des droits sociaux:

Chef de Podemos, cet ex-professeur de sciences politiques de 41 ans à la queue de cheval sera la figure de proue, au sein du gouvernement, de sa formation qui appelait à ses débuts à combattre la « caste » au pouvoir.

Un gouvernement dont fera aussi partie sa compagne, Irene Montero, en charge de l’égalité aux côtés de trois autres ministres de la sphère Podemos (Consommation, Travail, Universités).

Pour la première fois au pouvoir, Iglesias entend faire de l’Espagne un « référent de la protection des droits sociaux en Europe ». Mais il assure avoir adouci ses positions de gauche radicale pour bâtir un programme de gouvernement avec les socialistes, qu’il qualifie de « très modéré ».

La question sera désormais de savoir si cette très forte personnalité, contestée au sein même de son parti pour sa manière de diriger, réussira à dépasser ses dissensions passées avec M. Sanchez qui disait encore en septembre qu’il ne pourrait pas dormir la nuit avec des ministres Podemos dans son gouvernement.

CARMEN CALVO, la numéro deux

« Eléphante » socialiste de 62 ans, cette docteure en droit constitutionnel qui avait été ministre de la Culture sous Jose Luis Rodriguez Zapatero de 2004 à 2007, est le bras droit de Sanchez depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018.

Reconduite comme première vice-présidente dans un gouvernement qui en comptera quatre pour la première fois, elle sera l’interlocutrice des séparatistes catalans auxquels M. Sanchez a promis une négociation destinée à trouver une solution au « conflit politique » en cours dans cette région.

NADIA CALVINO, profil européen

L’actuelle ministre de l’Economie, au profil très technique, a été promue vice-présidente en charge des questions économiques, un signal de stabilité et d’orthodoxie budgétaire envoyé à Bruxelles et aux marchés alors que la gauche radicale de Podemos entre au gouvernement.

Agée de 51 ans, elle avait quitté la Commission européenne, dont elle était la directrice du budget, en juin 2018 pour rejoindre M. Sanchez alors qu’elle n’avait pas d’expérience politique.

En 2019, elle avait été proposée en vain par Madrid pour prendre la tête du Fonds Monétaire International.

TERESA RIBERA, l’experte du climat

Ministre de la Transition écologique, cette juriste de 50 ans est reconnue internationalement pour ses compétences sur les questions environnementales. Promue vice-présidente par M. Sanchez, elle sera chargée de mener un programme ambitieux de lutte contre le changement climatique dans un pays qui n’est pas un bon élève en la matière.

Secrétaire d’Etat au changement climatique à la fin des années 2000, elle a ensuite dirigé l’Institut du développement durable et des relations internationales à Paris et conseillé le Forum économique Mondial et les Nations Unies. Elle a tenu un rôle clé dans les négociations à la COP25 à Madrid en décembre.

ARANCHA GONZALEZ, une spécialiste du commerce international

Actuelle directrice du Centre du Commerce International, une agence de l’OMC et de l’Onu, cette ancienne directrice de cabinet de Pascal Lamy à l’OMC a aussi longuement travaillé à la Commission européenne.

Cette Basque de 50 ans, sans expérience politique qui parle anglais, français, italien et allemand, symbolise le pari de Sanchez de mener une « diplomatie économique ».

MARIA JESUS MONTERO, une porte-parole batailleuse

Ministre du Budget, cette socialiste d’Andalousie, l’ancien fief du parti de M. Sanchez, garde ce portefeuille et devient porte-parole du gouvernement de coalition avec Podemos, formation avec laquelle elle entretient de bonnes relations.

Son profil énergique et batailleur sera utile à Sanchez pour affronter une législature qui s’annonce compliquée avec un gouvernement minoritaire et une droite qui a promis une opposition frontale.