Escalade Hamas/Israël: pluie mortelle de roquettes vers Tel-Aviv, 40 Palestiniens tués à Gaza

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Un incendie fait rage au lever du jour à Khan Yunish à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur des cibles dans le sud de la bande de Gaza, le 12 mai 2021. (Photo par YOUSSEF MASSOUD / AFP)

L’escalade militaire entre le Hamas et Israël s’est intensifiée mardi soir avec une pluie de roquettes lancées par le mouvement islamiste sur la métropole israélienne Tel-Aviv et un déluge de feu de l’armée israélienne sur la bande de Gaza.

La communauté internationale a appelé au calme et des pays musulmans ont exprimé leur indignation face à la pire flambée de violence depuis des années entre le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza et l’Etat hébreu, déclenchée à la suite de heurts à Jérusalem-Est.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 40 morts parmi lesquels douze enfants, et au moins 203 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes.

Mardi soir, un immeuble d’une douzaine d’étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du Hamas avaient leurs bureaux, a été complètement détruit dans une frappe israélienne, a constaté un journaliste de l’AFP.

En réaction, le Hamas a dit avoir lancé 130 roquettes en direction de Tel-Aviv, où des sirènes d’alarme retentissaient en soirée. C’est le plus important cortège de missiles tiré depuis des années vers cette métropole israélienne.

Une femme a été tuée à Rishon Letzion, en périphérie de Tel-Aviv, portant à trois le nombre de morts côté israélien mardi, tandis que des dizaines de blessés, dont certains dans un état critique ou victimes de crise de panique, ont afflué dans les hôpitaux, selon la police et les services de secours.

 

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Un bus vide a été touché et des véhicules carbonisés à Holon, près de Tel-Aviv, alors que les vols ont été temporairement suspendus à l’aéroport international Ben Gourion.

« Il y a eu plusieurs tirs apparemment, des booms au-dessus de nos têtes, je dirais une dizaine et ça fait peur, mais grâce à Dieu, il y a eu des sirènes qui ont alerté à temps, du coup je suis descendu dans l’abri avec d’autres voisins », a déclaré à l’AFP Haïm Roy Ben Shlomo, 38 ans, à Ramat Gan.

« Tout peut arriver et ça peut arriver partout », a-t-il ajouté alors que de nombreuses personnes en Israël et dans la bande de Gaza craignent que cette nouvelle escalade entre le Hamas et l’Etat hébreu ne se transforme en guerre comme en 2008, 2012 et 2014.

« Depuis hier (lundi), l’armée a mené des centaines d’attaques contre le Hamas et le Jihad islamique à Gaza (…) Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques », avait déclaré dans l’après-midi le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ajoutant que le Hamas « allait se prendre une raclée à laquelle il ne s’attend pas ».

« Il y a encore beaucoup de cibles dans le viseur, ce n’est que le début », a renchéri en soirée le ministre de la Défense Benny Gantz, qui était chef de l’armée lors de la dernière guerre de Gaza en 2014.

« Il n’y a pas un Etat souverain au monde qui accepterait des tirs de roquettes contre ses citoyens et ses centres urbains et nous ne l’acceptons pas non plus », a ajouté M. Gantz.

Dans une intervention télévisée simultanée, mais diffusée sur une chaîne palestinienne, le chef du mouvement islamiste Hamas Ismaïl Haniyeh a dit être « prêt » en cas d’escalade.

« Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête et si (Israël) veut arrêter nous sommes prêts aussi », a-t-il déclaré, en appelant les forces de l’ordre israéliennes à se retirer de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, théâtre depuis plusieurs jours de violents affrontements entre policiers israéliens et manifestants palestiniens qui ont fait des centaines de blessés depuis vendredi.

 

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Le Hamas avait menacé lundi après-midi l’Etat hébreu d’une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l’Esplanade des Mosquées –troisième lieu saint de l’islam.

Les frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019. A l’époque, l’Etat hébreu avait mené l’assassinat ciblé d’un haut commandant du Jihad islamique, Baha Abou al-Ata, responsable de nombreuses attaques en Israël.

Après sa mort, le Jihad islamique avait lancé environ 500 roquettes vers Israël qui avait pilonné les positions de ce mouvement en tentant toutefois d’épargner celles du Hamas, pour ne pas compromettre une trêve avec ce mouvement négociée sous l’égide de l’ONU, de l’Egypte et du Qatar.

La communauté internationale a exprimé son inquiétude grandissante sur la situation en Israël et dans les Territoires palestiniens, où des manifestations avaient lieu mardi soir, notamment à Ramallah.

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence sur ce conflit, la deuxième en trois jours, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

La première réunion lundi s’était soldée sans aucune déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte « à ce stade ».

Des sources diplomatiques avaient affirmé lundi à l’AFP que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées » afin d’obtenir une désescalade.

Mais le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a affirmé mardi soir que Le Caire avait tenté en vain jusqu’à présent de discuter avec Israël pour apaiser les tensions.

Interrogé sur cette médiation, le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan Conricus a rétorqué mardi: « Je ne crois pas que mes commandants soient au courant ou particulièrement intéressés ».