Erdogan jure de braver les "menaces" américaines concernant le pasteur détenu

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AFP PHOTO / POOL / Tatyana ZENKOVICH
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est juré samedi de répondre aux « menaces » des Etats-Unis concernant le pasteur américain détenu en Turquie, alors que la tension monte entre les deux alliés de l’Otan et que la livre turque s’est fortement dépréciée face au dollar.
« Il est mauvais d’oser mettre la Turquie à genoux avec des menaces concernant un pasteur », a lancé le dirigeant turc lors d’un rassemblement à Unye, sur les rives de la Mer noire. « Honte à vous, honte à vous. Vous échangez votre partenaire stratégique de l’Otan pour un prêtre », a-t-il ajouté.
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi le doublement des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium en provenance de Turquie, augmentant encore la pression sur l’économie de ce pays.
La livre turque a chuté de 16% face au dollar vendredi.
La Turquie entretient des relations à couteaux tirés avec les Etats-Unis, envenimées encore par la détention ces deux dernières années du pasteur Andrew Brunson et par d’autres différends.
« S’ils ont le dollar, nous avons Allah », a lancé Recep Tayyip Erdogan, en appelant les Turcs à ne pas s’affoler face à la montée de la devise américaine.
Il a aussi invité les Turcs à faire preuve de solidarité en convertissant leurs réserves cachées en or ou en devises étrangères en livres turques pour gagner la « guerre d’indépendance ».
Le président turc a assuré qu’il se conformerait à la loi au sujet du pasteur Brunson. « Nous n’avons pas fait jusqu’ici de concessions en matière de justice et nous n’en ferons jamais », a-t-il dit.
La Maison Blanche a annoncé que les nouvelles sanctions sur la Turquie entreront en application le 13 août.
Sur le plan militaire, les Etats-Unis disposent d’une importante base à Incirlik, dans le sud du pays. Elle est utilisée actuellement comme centre d’opérations contre le groupe jihadiste Etat islamique.