Emmanuel Macron sifflé par des éleveurs au Salon de l'agriculture

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C. Arthur Berdah. Figaro

Arrivé tôt samedi matin porte de Versailles à Paris où il est resté 12 heures et demi -un record-, le chef d’Etat français s’est fait siffler plusieurs fois par des agriculteurs mécontents, avant d’avoir un échange tendu avec des céréaliers.

C’est un accueil auquel il s’attendait. Quelques minutes après son arrivée dans le hall principal du Salon international de l’agriculture (SIA), Emmanuel Macron a été largement sifflé par des agriculteurs mécontents. Postés devant le stand Interbev, les «paysans» en question brandissaient des tee-shirts où ils se disent «en colère» d’être «fauchés comme des blés», ainsi que des pancartes dénonçant les «mensonges» du président. La manifestation a duré une poignée de minutes seulement, mais elle a fait suffisamment de bruit pour attirer l’attention des milliers de visiteurs présents, ainsi que celle des dizaines de journalistes. Le chef de l’Etat, lui, a continué son chemin.
Avant cela, le locataire de l’Elysée avait consacré plusieurs minutes à échanger avec des exploitants déguisés en animaux pour protester contre le dumping des produits importés. La discussion, assez vive, a principalement porté sur le Mercosur… Mais elle s’est soldée par un dialogue de sourds, où les deux partis exposaient leurs arguments et campaient sur leur position. Le tout sur un fond sonore en demi-teinte: les supporters et les détracteurs d’Emmanuel Macron se sont opposés avec des applaudissements aussi timides que les huées.
Vif échange avec des céréaliers
Continuant son chemin en direction du stand d’Inaporc, le chef de l’État s’est fait de nouveau siffler dans la matinée, cette fois par des céréaliers qui protestaient contre la fin du glyphosate. Emmanuel Macron a alors dévié son parcours pour aller à leur rencontre. S’en est suivi un vif échange sur ce sujet, ces derniers reprochant au président de ne pas être calme. «Vous vous êtes calmes? Vous m’avez sifflé dans le dos depuis tout à l’heure et vous me donnez des leçons?», leur a-t-il rétorqué, affirmant qu’un «engagement a été pris» sur le glyphosate.
À sa sortie d’Inaporc, Emmanuel Macron s’est ensuite offert un long bain de foule dans les allées du Salon, sur sa route vers le Cniel (laitiers). Là, il a multiplié les poignées de main, enchaîné les selfies, distribué quelques bises, et même signé un autographe pour un enfant. Lors de cette longue déambulation, le président a été interpellé par plusieurs exploitants, ainsi que par l’élu LR de Courbevoie Arash Derambarsh, avec qui il a échangé quelques mots.
Revenant un peu plus tard les sifflets dont il a fait l’objet, Emmanuel Macron a minimisé le phénomène, jugeant qu’«il n’y en avait pas tant que ça». «Les gens cachés qui sifflaient je suis allé au devant d’eux, ils ont arrêté de siffler et on s’est expliqué. Moi je vais toujours expliquer la politique que je mène», a-t-il assuré. «Je n’ai vu personne qui m’a sifflé à côté. J’ai vu des gens qui se cachaient à 500 mètres pour siffler, ils étaient très minoritaires. J’ai cassé les parcours et les codes pour aller au-devant d’eux et ils se sont arrêtés de siffler, on s’est expliqué, et je crois qu’ils ont compris», a conclu le locataire de l’Élysée, qui s’est vu offrir une poule par un exploitant.
Avant ces différentes séquences, le président n’avait pas coupé à la traditionnelle photo au côté de la mascotte du Salon: Haute, une vache de race aubrac. Le chef de l’Etat, qui a passé de longues minutes dans son enclos, a tapoté l’animal à plusieurs reprises, sous les flashs des nombreux photographes qui l’entouraient. Accompagné de plusieurs responsables politiques concernés par le secteur – les ministres de l’Agriculture et de la Cohésion des Territoires Stéphane Travert et Jacques Mézard, le patron des sénateurs LREM François Patriat, et le rapporteur LREM du texte sur les Etats généraux de l’alimentation Jean-Baptiste Moreau – Emmanuel Macron a également discuté avec l’éleveur de «Haute» et la famille de ce dernier.

Par : Arthur Berdah