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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Un tel geste ne serait «pas efficace», a souligné le président de la République, en recevant, le 22 décembre, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il n’y aura pas de reconnaissance de l’État de Palestine par la France, ni initiative française ou européenne pour sortir de l’impasse le conflit israélo-palestinien.

    Campant sur sa prudence, Emmanuel Macron l’a affirmé vendredi lors d’une conférence de presse commune avec Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, à l’issue de leur entretien à l’Élysée.

    «Décider unilatéralement de reconnaître la Palestine est-il efficace ? Je ne crois pas. Car ce serait une réaction» à la décision américaine «qui a provoqué des troubles dans la région», a déclaré Emmanuel Macron. «Je répliquerais une erreur d’un type pareil», a-t-il estimé, ajoutant qu’il n’allait «pas construire le choix de la France en réaction» à la politique américaine.

    Le président de la République a toutefois rejeté toute «timidité» sur ce dossier, alors qu’il s’investit beaucoup entre Kurdes et Arabes irakiens ou dans le Golfe. «L’esprit de méthode n’est pas la timidité», a-t-il insisté.

    La récente décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël a provoqué de vives réactions internationales qui ont débouché jeudi sur une assez large condamnation par l’Assemblée générale de l’ONU, même si les États-Unis ont estimé avoir limité la casse dans l’exercice.

    Rôle plus actif de l’Union européenne et de la France

    Après avoir rappelé «la confiance» qu’il avait en Emmanuel Macron et souligné qu’une telle reconnaissance, appelée de ses vœux par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius était «un investissement» pour la paix, Mahmoud Abbas a déclaré que «nous n’accepterons aucun plan de la part des États-Unis à cause de l’esprit partisan et à cause de la violation du droit international», liée à la décision américaine. «En cela, les États-Unis se sont disqualifiés eux-mêmes», a ajouté le leader palestinien, qui appelle à un rôle plus actif de l’Union européenne et de la France en particulier.

    Malgré cet appel du pied, et tout en reconnaissant que «les Américains se sont marginalisés» après la décision de Donald Trump, Emmanuel Macron ne veut pas prendre de risques en avançant des idées ou une initiative, dont la concrétisation serait plus qu’aléatoire. À Paris, on déclare officiellement attendre de connaître le contenu de l’initiative de paix américaine, censée accompagner la récente décision de Donald Trump. C’était précisément l’une des raisons du voyage que Mahmoud Abbas a effectué à Riyad, juste avant de venir à Paris.

    Interrogé sur de possibles négociations via l’Arabie sur ce futur plan de paix américain, le chef de l’Autorité palestinienne a botté en touche, se bornant à rappeler que le roi et le prince héritier Mohammed ben Salman, proche de Donald Trump et de son gendre Jared Kushner, très actif sur le volet israélo-palestinien, l’avaient assuré qu’il ne pourrait y avoir de paix sans un état palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, aux côtés d’Israël. Bref, officiellement, tout le monde en reste à attendre cette initiative américaine, avant de marquer clairement ses positions. Et peut-être de passer à l’action pour Emmanuel Macron.

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