Égypte: carnage dans une mosquée, au moins 235 morts

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Des hommes armés ont déclenché vendredi une explosion avant d’ouvrir le feu sur les fidèles d’une mosquée à Bir al-Abed, un village du nord du pays. Selon un bilan provisoire, l’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a fait au moins 235 morts et 125 blessés.

Jamais une attaque n’avait fait autant de victimes en Égypte depuis qu’une insurrection islamiste a éclaté il y a trois ans dans le nord du Sinaï. Vendredi, des hommes armés ont fait sauter une bombe avant d’ouvrir le feu sur les fidèles d’une mosquée à Bir al-Abed, un village proche d’Al Arich, la principale ville du nord du pays. Les assaillants ont déclenché l’explosion au moment de la grande prière hebdomadaire, selon la télévision d’État. Bilan provisoire: au moins 235 morts et 125 blessés, d’après la même source. Parmi les victimes, on compte notamment de nombreux conscrits de l’armée. Après cette attaque, qui n’a pas été revendiquée, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a convoqué un conseil ministériel restreint. Trois jours de deuil national ont été décrétés.

La télévision publique a montré les images de nombreux corps recouverts de couvertures à l’intérieur de la mosquée Al Raoudah, comble pour les prières du vendredi. «Ils tiraient sur les fidèles fuyant la mosquée. Ils tiraient aussi sur les ambulances», a déclaré un habitant dont plusieurs proches ont été témoins de la fusillade. La chaîne d’information panarabe Al Arabia et plusieurs sources locales ont déclaré que certains des fidèles étaient des musulmans soufis, considérés par l’État islamique et d’autres groupes islamistes radicaux comme des apostats. Une information confirmée par le chef d’un groupe bédouin, contacté par l’AFP.

Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi, l’Égypte est le théâtre d’attaques et d’attentats menés par des groupes islamistes contre les forces de sécurité égyptiennes dans plusieurs régions du pays. Le nord du Sinaï est particulièrement touché, la branche de l’État islamique y étant particulièrement active. De nombreux policiers et soldats ainsi que des civils, notamment des chrétiens et des soufis, ont été tués dans ces attaques.