Drame au Liban: un Russe interrogé à Chypre sur le stock de nitrate d’ammonium

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EDITORS NOTE: Graphic content / Lebanese firefighters work at the scene of an explosion in the Lebanese capital Beirut on August 4, 2020. - Two huge explosion rocked the Lebanese capital Beirut, wounding dozens of people, shaking buildings and sending huge plumes of smoke billowing into the sky. Lebanese media carried images of people trapped under rubble, some bloodied, after the massive explosions, the cause of which was not immediately known. (Photo by ANWAR AMRO / AFP)

La police chypriote a indiqué jeudi avoir interrogé un Russe après la publication d’informations liant cet individu au bateau qui avait transporté les 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium dont l’explosion a dévasté Beyrouth.

« Les autorités libanaises nous ont demandé de localiser cet individu et de lui poser des questions, ce que nous avons fait », a indiqué un porte-parole de la police à l’AFP.

« Ses réponses ont été envoyées au Liban », a-t-il ajouté, précisant que cet homme, Igor Gretchouchkine, n’avait pas été arrêté mais seulement interrogé sur la cargaison du navire à la demande du bureau d’Interpol au Liban.

L’énorme déflagration de mardi a été déclenchée par un incendie qui s’est déclaré dans un entrepôt abritant depuis six ans un stock de nitrate d’ammonium, « sans mesures de précaution », selon les autorités.

Plus de 130 personnes ont été tuées, des milliers blessées et des centaines de milliers laissées sans abri.

En 2013, le Rhosus, battant pavillon moldave et venant de Géorgie, a fait escale à Beyrouth, en route pour le Mozambique, selon une source de sécurité libanaise. Avec à son bord 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, qui peut entrer dans la composition de certains explosifs à usage civil, mais également être utilisé comme engrais.

 

 

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Les autorités portuaires du Mozambique ont officiellement nié avoir été informées de l’arrivée éventuelle du navire et de sa cargaison.

Selon plusieurs médias, dont le New York Times, M. Gretchouchkine avait loué le bateau, forcé d’accoster à Beyrouth en raison d’un trou dans sa coque. Selon le site Marine Traffic, il est arrivé le 20 novembre 2013 et n’est jamais reparti. Il avait eu des problèmes techniques.

D’après des sources sécuritaires libanaises, alors que le Rhosus était en transit à Beyrouth, une firme libanaise aurait porté plainte contre la compagnie à laquelle le bateau appartenait, poussant la justice locale à saisir l’embarcation.

La cargaison a été placée dans un hangar et le bateau, endommagé, a fini par couler.

Selon un communiqué du cabinet d’avocats libanais Baroudi & Associates, qui représente l’équipage du navire, le bateau devait transporter une cargaison de Beyrouth en Jordanie mais les autorités du port avaient empêché le navire de la charger et de partir en raison de « défauts techniques et de non-respect des règles de sécurité maritime ».

 

 

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Le cabinet a ajouté que le propriétaire du bateau et ceux qui l’avaient affrété avaient abandonné les quatre membres de l’équipage à leur sort. Il a précisé avoir averti les autorités des « risques d’explosion de la cargaison à bord ».

Plus tôt jeudi, le ministère de l’Intérieur chypriote avait nié des informations selon lesquelles le Russe possèderait un passeport chypriote.

Selon le journal chypriote Politis, M. Gretchouchkine habite Limassol, important port de commerce de transit en Méditerranée, avec sa femme, une ressortissante russe détentrice d’un passeport chypriote.