Diapo & vidéo. Les pluies «infernales» de l’ouragan Maria frappent la Guadeloupe

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Les vents violents et les pluies torrentielles de l’ouragan Maria, «potentiellement catastrophique» selon les spécialistes américains, balayaient mardi 19 septembre l’archipel français de la Guadeloupe, après avoir fait des ravages à la Dominique.

Déjà dévastée par le cyclone Irma il y a une dizaine de jours, toute la région a été mise en état d’alerte avant le passage de Maria. Il est à noter que les communications avec la Dominique ont été coupées.

«Tout tremble autour de moi», a raconté sur la chaîne BFMTV l’ancien ministre français des outre-mer, Victorin Lurel, confiné dans sa maison à vieux habitants, au sud de la Guadeloupe. Il a décrit des «pluies torrentielles et carrément infernales, avec un vent qui n’arrête pas depuis plusieurs longues heures, avec un ciel zébré (…), des éclairs partout».

Contrainte de quitter son domicile détruit sur l’île de Saint-Martin et réfugiée à la Guadeloupe avec une dizaine de membres de sa famille, Raïssa 23 ans, s’avouait «nerveuse» à l’idée de subir un nouvel ouragan, mais mieux préparée. «On a bien stocké l’eau, la nourriture, on a déjà préparé nos sacs au cas où on doit partir».

L’ouragan, qui oscille entre les catégories 4 et 5, le niveau maximum, reste «extrêmement dangereux», selon le Centre national des ouragans (NHC) américain.

Il a également traversé le petit archipel des Saintes, un peu plus au sud, avec «un impact sans doute important», selon le directeur général de la Sécurité civile Jacques Witkowski. Des «éléments précis» sur les dégâts ne seront connus qu’en fin de journée.

Communications coupées

Violemment frappée dans la nuit, la Dominique a «perdu tout ce qui pouvait être perdu», a déclaré mardi matin le premier ministre Roosevelt Skerrit sur sa page Facebook. Les vents, soufflant à quelque 260 km/h, «ont emporté les toits de presque toutes les personnes auxquelles j’ai parlé ou avec qui j’ai été en contact».

Aucune victime n’est toutefois signalée jusqu’à présent dans cette île indépendante qui compte environ 70.000 habitants, selon lui.

Les communications avec la Dominique sont totalement coupées. «De nombreux résidents sont extrêmement inquiets quant au sort de leurs amis et familles là-bas. C’est la première fois que la Dominique est traversée par un ouragan aussi violent».

«Une reconnaissance aérienne effectuée par un hélicoptère de la Sécurité civile» devait être menée sur l’île, avec la possibilité d’envoyer, «si le gouvernement de la Dominique le demande», des pompiers à partir de l’île française de la Martinique pour secourir des personnes qui seraient en difficulté, a déclaré Witkowski. L’œil du cyclone, passé à 50 km des côtes nord de la Martinique, n’a fait là-bas que peu de dégâts et deux blessés très légers.

L’ouragan, qui progresse à la vitesse de 15 km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace aussi les îles Britanniques de Saint Kitts and Nevis et Montserrat (Royaume-Uni). Des alertes ouragans ont également été déclenchés à Sainte-Lucie et dans les îles Vierges britanniques et américaines.

Maria devrait également passer au sud des côtes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ravagées le 6 septembre par Irma, selon le ministère néerlandais de la Défense. Les deux îles ont été placées en vigilance rouge, selon Météo France.

Onze personnes sont mortes à Saint-Martin côté français lors du passage d’Irma, quatre côté néerlandais.

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d’aide, dont des matériaux «pour couvrir les maisons et réparer des toits», à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l’île, dont le port a été fermé «jusqu’à vendredi», selon la Marine des Pays-Bas.

Renforts

Critiqués pour ne pas avoir déployé plus de moyens avant et après le passage de l’ouragan Irma, qui a dévasté leurs territoires d’outre-mer, les gouvernements néerlandais, français et britannique ont été soucieux de montrer leur mobilisation.

Paris a annoncé dimanche l’envoi de 110 militaires en Guadeloupe, et rappelé qu’«environ 3.000» renforts se trouvaient déjà sur place. «Jusqu’à 400 à 500 personnes» supplémentaires pourraient être envoyées si besoin.

«Nous aurons des difficultés importantes», a reconnu le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb, la Guadeloupe étant «le centre logistique» permettant d’alimenter Saint-Martin et d’organiser les rotations aériennes et les approvisionnements.

Les Britanniques ont également annoncé des renforts pour les îles Vierges : avec «40 personnels supplémentaires en soutien, 37 personnels humanitaires, et plus de 1.300 militaires (…) prêts à aider pour les tâches prioritaires quand Maria sera passé».

Plusieurs îles avaient été plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l’ouragan Irma, qui a fait une quarantaine de morts dans les Caraïbes.