Des migrants affirment avoir été torturés et vendus comme des esclaves en Algérie

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Des dizaines de migrants africains ont affirmé avoir été torturés et réduits à l’esclavage par des passeurs dont la plupart sont de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset, rapporte, mercredi 30 mai, l’agence de presse Reuters.
L’agence britannique cite de nombreux témoignages de migrants ainsi que des données d’une association caritative, à Agadez au Niger, et de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM) qui a questionné des milliers de migrants ayant quitté l’Algérie.
L’un d’eux, un ouvrier guinéen de 21 ans du nom de Ousmane Bah, a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. «La première fois, ils m’ont vendu pour 100.000 francs CFA (152 euros)… Ils ont pris nos passeports. Ils nous ont frappés. Nous n’avons pas mangé. J’ai été esclave pendant six mois», raconte-t-il à Reuters.
Un migrant togolais a indiqué, pour sa part, avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler. Tandis que d’autres ont affirmé que leurs ravisseurs avaient fait chanter leurs parents afin qu’ils soutirent d’eux des sommes très importantes.
Si ces témoignages rappellent le scandale d’esclavage soulevé dernièrement en Libye, Reuters estime toutefois que l’esclavage des migrants en Algérie n’y est pas aussi répandu. D’après l’agence britannique, l’Algérie bénéficierait d’«un système de justice qui fonctionne et d’une police forte».
Un avis que ne partage pas un ancien passeur nigérian qui a affirmé à Reuters que la situation serait plus grave en Algérie mais que «les ONG ne le savent pas car elles focalisent uniquement sur la Libye». Affaire à suivre.