Des manuscrits rares de Mossoul dévoilés à Paris

à 8:15

Plusieurs documents irakiens sont présentés aux Archives nationales jusqu'au 24 août au cours de l'exposition "Mésopotamie, carrefour des cultures - grandes heures des manuscrits irakiens".
Exfiltrés de justesse l'été dernier pour échapper aux destructions du groupe de l'État islamique, quelques manuscrits irakiens sont exposés aux Archives nationales à Paris jusqu'au 24 août. L'exposition, Mésopotamie, carrefour des cultures - grandes heures des manuscrits irakiens, regroupe quelques pièces très rares en syriaque, araméen, arabe, beaucoup collectées par les Dominicains, d'autres conservées à la Bibliothèque nationale de France, à la bibliothèque du Vatican et à la bibliothèque du Saulchoir en France.

Elle retrace l'histoire des missions et de l'implantation des frères dominicains dans la plaine de Mésopotamie (Irak), considéré «comme l'un des plus vieux foyers du monde chrétien», explique le conservateur Jacques Charles-Gaffiot. La deuxième partie de l'exposition est constituée par sept fac simile de grande qualité de manuscrits provenant de la bibliothèque dominicaine de Mossoul, déménagée en urgence l'été dernier lors de la prise de Mossoul et de Qaraqosh par les troupes de l'État islamique et l'exode massif des populations chrétiennes de ces deux villes vers Erbil dans le Kurdistan voisin.

«Ces manuscrits sont en sécurité, cachés quelque part au Kurdistan» a indiqué à l'AFP le frère Najeeb, un Irakien, qui les a protégés et transportés. «Ce que nous essayons de faire, c'est de sauver le patrimoine que Daech essaie de détruire» a-t-il ajouté. «Au total, notre centre a numérisé quelque 8.000 manuscrits sur disque dur, mais aujourd'hui la moitié d'entre eux - qui n'étaient pas conservés par les dominicains, n'existent plus», a-t-il ajouté.
Selon l'Unesco, l'État islamique a détruit volontairement une quantité de trésors culturels pré-islamiques ainsi que des sanctuaires des patrimoines chrétiens, juifs ou musulmans que les djihadistes considèrent comme idolâtres ou hérétiques, à Mossoul et sur plusieurs sites en Irak. Daech s'est ainsi vanté ces derniers mois d'avoir détruit ou endommagé les grands sites archéologiques de Nimroud et Hatra en Irak. Le 7 août dernier, lors de l'attaque des djihadistes contre Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, plus de 1.500 manuscrits sont partis en fumée. Une autre exposition de photos consacrée à Mossoul ouvrira à la mairie du Ve arrondissement à Paris du 26 mai au 21 juin.