Décès de Yisrael Kristal, doyen de l’humanité, à 113 ans

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Il était l’homme le plus âgé de la planète depuis mars 2016. Yisrael Kristal, Israélien d’origine polonaise, avait survécu à la Première Guerre mondiale puis au camp de concentration d’Auschwitz.

Le survivant de l’Holocauste Yisrael Kristal, l’homme le plus vieux du monde né en septembre 1903 à Zarnow, (en Pologne actuelle à l’époque sous domination russe) est mort ce vendredi à l’âge de 113 ans.

Sa famille n’était pas joignable vendredi en fin de journée, en raison du shabbat. «Yisrael Kristal (…) est mort vendredi, un mois avant son 114e anniversaire», a indiqué le quotidien israélien Haaretz dans son édition en ligne. Selon le site d’informations israélien Ynet, Yisrael Kristal laisse deux enfants, neuf petits-enfants et 32 arrières petits-enfants.

Yisrael Kristal avait survécu à la Première Guerre mondiale et vécu à Lodz, en Pologne nouvellement indépendante, jusqu’à l’invasion nazie en 1939. Il avait été déplacé avec sa famille dans le ghetto de la ville. Quatre ans plus tard, il était envoyé au camp de concentration d’Auschwitz.

Il a perdu sa femme et leurs deux enfants dans l’Holocauste, mais avait survécu. Seul rescapé de sa famille, Yisrael Kristal avait émigré pour Haïfa, dans le nord d’Israël, avec sa seconde femme et leur fils en 1950. Il y a tenu une entreprise de confiserie prospère jusqu’à sa retraite.

En septembre 2016, il avait célébré sa Bar Mitzvah, dont il avait été privé un siècle plus tôt. Célébrée à 13 ans pour les garçons, elle marque le passage des adolescents à la majorité religieuse. Nombre de juifs n’ont pas fait leur Bar Mitzvah à cause des tumultes de l’histoire.

Yisrael Kristal n’avait pas pu célébrer la sienne en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, car sa mère était décédée trois ans plus tôt et son père était soldat dans l’armée russe. «Mon père est religieux et prie tous les matins depuis 100 ans mais il n’a jamais effectué sa Bar Mitzvah», avait expliqué sa fille Shula Kuperstoch, quelques semaines avant la cérémonie.

Par Juliette Mickiewicz (Le Figaro)