Daech: Al-Baghdadi pourrait avoir été tué par l’armée russe

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Abou Bakr Al-Baghdadi.

Le ministère russe de la Défense a déclaré qu’une frappe de son aviation visant une réunion de dirigeants de l’État islamique pourrait avoir provoqué la mort de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, l’homme le plus recherché de la planète. Une information à prendre toutefois avec beaucoup de précautions.

L’annonce a été relayée par les agences de presse du pays ce vendredi: le ministère russe de la Défense affirme qu’une frappe de son aviation visant une réunion de dirigeants de Daech pourrait avoir tué son chef, Abou Bakr al-Baghdadi. L’opération aérienne a été menée le 28 mai sur la ville de Raqqa, dernier grand bastion urbain contrôlé par l’État islamique en Syrie.

Le ministère précise qu’il cherche la confirmation de la mort de Baghdadi, ajoute l’agence Tass.

«Selon les informations qui sont en cours de vérification via différents canaux, le chef de l’État islamique Abou Bakr al-Baghdadi, qui a été éliminé par la frappe aérienne, était également présent lors de la réunion», indique le ministère cité par l’agence Ria.

Les États-Unis offrent 25 millions de dollars pour sa capture

Proclamé «calife» de tous les musulmans par son groupe terroriste, Abou Bakr al-Baghdadi est l’un des hommes les plus recherchés de la planète: les États-Unis offrent 25 millions de dollars pour sa capture. Mais il reste introuvable et invisible: en trois ans, il n’est apparu que sur une seule vidéo, filmée dans une mosquée de Mossoul et diffusée en juillet 2014, dans laquelle il proclamait son «califat» réunissant les territoires conquis en Irak et en Syrie.

Né Ibrahim al Samarraï, Abou Bakr al-Baghdadi est un irakien de 46 ans qui a rompu avec al Qaida deux ans après la mort d’Oussama ben Laden. Élevé dans une famille pieuse, il a étudié la théologie à Bagdad avant de rejoindre l’insurrection sunnite en 2003, année de l’invasion de l’Irak par la coalition conduite par les États-Unis. Capturé, il a été libéré un an plus tard par les Américains qui doutaient qu’il s’agisse d’une cible de haute valeur. Depuis que les revers militaires ont commencé à se multiplier pour Daech, Abou Bakr al-Baghdadi se déplace dans les zones faiblement peuplées de la frontière irako-syrienne où les drones comme les intrus sont facilement repérés. Le fait que sa tête soit mise à prix entrave sans doute grandement ses déplacements et ses communications.

L’annonce de la Russie est toutefois à prendre avec beaucoup de précautions. Il y a plus de deux ans déjà, des médias britanniques annonçaient que le chef de Daech avait été grièvement blessé dans un raid aérien de la coalition dans la province de Ninive, en Irak. Mais en novembre dernier, al-Baghdadi avait envoyé un message audio diffusé par l’organe de propagande du groupe dans lequel il appelait ses combattants à «tenir» face à l’armée irakienne à Mossoul.

 

Par Anne-Laure Fremont (Le Figaro)