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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Les chefs d’Etat Emmanuel Macron et Joe Biden s’expliquent mercredi sur la crise ouverte entre Paris et Washington par l’arrêt du contrat de sous-marins avec l’Australie, la France réclamant des « engagements » américains pour que la confiance soit rétablie entre les deux alliés.

    Six jours après son déclenchement, la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le « non » français à la guerre d’Irak en 2003, franchit une nouvelle étape.

    Place à l’explication pour tenter de « sortir par le haut » de la situation créée par l’annonce du pacte AUKUS entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, selon une source diplomatique, après la colère de la France, exprimée avec des mots durs par le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian.

    « un échange de clarification »

    Entre les deux chefs d’Etat, ce sera « un échange de clarification », a expliqué le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, qui avait annoncé dimanche la tenue de cet entretien, à la demande de Joe Biden, au cours de la semaine.

    Emmanuel Macron attend de comprendre pourquoi l’administration américaine a choisi « de tenir un allié européen à l’écart d’échanges structurants sur une coopération dans l’Indopacifique », a précisé la présidence française.

    « Nous attendons de nos alliés qu’ils reconnaissent que les échanges et consultations qui auraient dû être conduites ne l’ont pas été et que cela pose une question de confiance, dont il nous appartient désormais de tirer ensemble toutes les conséquences », ajoute la même source.

    Plus d’engagements

    De l’entretien avec Joe Biden, Emmanuel Macron attend aussi un « engagement » de son homologue sur « un processus solide défini dans le temps et de haut niveau qui permette de créer les conditions d’un rétablissement de la confiance dans les actes et par des mesures concrètes et pas seulement par les mots », selon l’Elysée.

    Paris demande par ailleurs que Washington reconnaisse « l’importance stratégique de l’engagement français et européen dans l’Indopacifique », mais aussi « la nécessité de renforcer la souveraineté européenne ainsi que l’importance de l’engagement croissant des Européens pour leur défense et leur sécurité ».

    Après quelques jours de silence, les responsables européens et les 27 pays de l’UE ont apporté mardi leur soutien à la France. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a ainsi jugé « inacceptable » la manière dont Paris a été « traitée ».

    Mais les capitales les plus atlantistes, comme Copenhague, un des plus proches alliés des Etats-Unis en Europe, ont publiquement émis des réserves : la Première ministre danoise Mette Frederiksen a dit ne pas comprendre « du tout » les critiques formulées contre Washington et a défendu « le très loyal » Joe Biden.

    En visite à Washington, le Premier ministre britannique Boris Johnson a pour sa part appelé Paris à se ressaisir. « Donnez-moi un break » (laissez-moi souffler), a-t-il déclaré en franglais, en assurant que le partenariat AUKUS n’était « pas exclusif » et n’essayait « pas d’exclure qui que ce soit ».

    La France y avait fait son retour, en 2009 sous Nicolas Sarkozy, 43 ans après l’avoir quittée sous l’impulsion du général de Gaulle.

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