La communauté internationale se mobilise contre la violence à l’égard des femmes

226

Alors que des millions de femmes à travers le monde sont victimes de toutes les formes de violence physique et psychologique, le 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, demeure l’occasion de sensibiliser le grand public à ce phénomène dans la perspective de son élimination, un défi qui semble hors de portée face à certains us et coutumes entretenues par les peuples de certaines régions du monde.

Depuis 1981, les défenseurs des droits des femmes organisaient chaque année, le 25 novembre, une journée de lutte contre la violence sexiste à la mémoire des trois soeurs Patria, Minerva et María Tereza Mirabal, des opposantes politiques brutalement assassinées en République dominicaine, le même jour 1960, sur les ordres du dirigeant de l’époque, Rafael Trujillo (1930-1961).

C’est en 1999 que l’Assemblée générale avait proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l’opinion au problème de la violence à l’égard des femmes.

Selon l’Onu, la violence à l’égard des femmes est la forme la plus extrême de discrimination. D’après les données recueillies auprès de 87 pays de 2005 à 2016, 19% des femmes âgées de 15 à 49 and affirmaient avoir subi des violences physiques ou sexuelles infligées par un partenaire intime.

Dans les cas les plus extrêmes, ces violences peuvent conduire à la mort. Près de la moitié des femmes victimes d’homicides volontaires dans le monde avaient été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille, précise-t-on de même source.

Étant depuis toujours source de discrimination et d’exclusion, la violence contre les femmes est aujourd’hui de plus en plus reconnue comme un obstacle majeur à la réalisation des droits humains et un défi direct à l’intégration et à la participation des femmes au développement durable et à la paix.

Et l’instance onusienne de souligner que le manque inquiétant de financements constitue l’un des principaux obstacles aux efforts déployés pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.

Les initiatives de prévention et d’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des filles manquent donc cruellement de ressources, estime les Nations-Unies, reconnaissant toutefois que des programmes-cadres tels que les Objectifs de développement durable (ODD), qui tendent notamment à éliminer la violence faite aux femmes et aux filles, sont porteurs d’espoir et doivent pouvoir disposer de fonds suffisants pour pouvoir réellement transformer la vie des femmes et des filles.

C’est dans ce cadre qu’intervient la mise en place de l’Initiative Spotlight, menée par l’Union européenne et les Nations Unies. L’initiative attire l’attention sur ce problème, l’amenant sous les projecteurs et le plaçant au cœur des efforts menés pour atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, en accord avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Dans le même cadre, la campagne «Tous UNiS» proclame tous les 25 du mois une « Journée orange». La première «Journée orange» de la série a été célébrée le 25 juillet 2012. Initiée et dirigée par la campagne de l’unité du réseau Global des Jeunes, l’objectif est de mener une sensibilisation permanente du public à la question de la violence contre les femmes et les filles, et non plus seulement une fois par an, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Elle vise à susciter l’intérêt dans le monde entier sur le fait que la violence contre les femmes et les filles est une violation des droits de l’homme et d’appeler à son éradication sans réserve ni équivoque