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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    La chancelière devait tenir mercredi matin le contrat de coalition signé entre la CDU-CSU et le SPD.

    Enfin? Plus de quatre mois après les élections fédérales, Angela Merkel devait tenir mercredi matin le contrat de coalition signé entre son camp, la CDU-CSU, et le SPD: plus de 170 pages détaillant en quatorze chapitres la feuille de route pour un quatrième gouvernement, selon la dernière version ayant fuité dans la presse. L’accord devait être conclu au forceps la veille. «Chacun d’entre nous va devoir accepter des compromis douloureux», avait-elle déclaré avant d’ouvrir le dernier round des négociations avec les sociaux-démocrates. «J’y suis prête si nous pouvons garantir que les avantages au final seront supérieurs aux inconvénients», avait-elle ajouté en conseillant de «ne pas perdre de vue» l’essentiel. Un œil sur l’évolution des marchés, elle a rappelé que «nous vivons des temps agités».
    Loin de satisfaire les uns et les autres, le compromis entre la CDU-CSU et le SPD ne revendique qu’une qualité essentielle: ouvrir la perspective à un gouvernement légitime et stable en Allemagne. Il s’agit même de l’argument principal avancé pour s’entendre par Angela Merkel et son interlocuteur du SPD Martin Schulz, deux dirigeants affaiblis après des résultats électoraux médiocres. Le social-démocrate ne s’est pas remis de sa défaite aux législatives, avec le pire résultat de l’histoire de son parti. Son autorité est en sursis. Quant à la chancelière, elle est victime de l’usure du pouvoir au bout de douze ans de mandat. La bataille pour sa succession se prépare en coulisses.
     
    «Un nouveau départ»
    La future grande coalition laisse pour l’instant les Allemands dubitatifs. Les derniers sondages sont alarmants pour la CDU-CSU et catastrophiques pour le SPD. Certes Angela Merkel demeure populaire, à 53 % d’opinions favorables. Mais elle doit sa popularité relative à l’absence d’alternative. Elle est loin de ses sommets (71 % d’opinions positives en 2013) et les conservateurs stagnent dans les intentions de vote à leur niveau de septembre, entre 30 % et 33 %, soit leur étiage le plus bas. Les sociaux-démocrates, de leur côté, s’effondrent. Dans la dernière enquête Insa pour Bild, le SPD est tombé à 17 % d’intentions de vote. Les populistes de l’AfD les talonnent dans un mouchoir de poche, à 15 %.

    Mardi, les dernières discussions ont achoppé sur la santé et le marché du travail, où le SPD espérait obtenir d’ultimes concessions symboliques. La direction du parti doit en effet encore faire valider l’accord par ses quelque 440.000 militants. Cette consultation à haut risque sera organisée par voie postale sans doute à la fin du mois. Le président du SPD Martin Schulz a prévu de battre les estrades pour convaincre ses camarades. Ses adversaires aussi: comme un conflit de génération, les «jeunes socialistes» mènent notamment la fronde et appellent à faire battre la «GroKo». La tentation de dire non est forte chez les militants pour faire tomber Angela Merkel, qui n’est pas encore tirée d’affaires. L’hypothèse d’un échec, et donc de nouvelles élections, n’est pas encore totalement exclue.
    Pour surmonter les réticences, les futurs partenaires de la CDU et du SPD comptent jouer sur la fibre européenne et la nécessité de faire entendre de nouveau la voix allemande dans le débat ouvert par le président de la République Emmanuel Macron. Le premier chapitre du contrat de gouvernement entre la CDU-CSU et le SPD devait être donc consacré au «nouveau départ» de l’Europe. En affichant sa satisfaction, Martin Schulz a annoncé, lundi, «la fin du diktat de l’austérité». Angela Merkel n’a évidemment pas repris la formule. Elle doit faire face aux inquiétudes au sein de son camp sur l’évolution de l’UE vers une union de transferts budgétaires. L’équilibre est fragile dans la future «GroKo» et chaque mot, au sein du contrat de coalition, soigneusement pesé.

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