Climat: le monde suspendu à la décision de Trump ce jeudi

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Le retrait américain serait une véritable déflagration, dix-huit mois après cet accord historique, dont Pékin et Washington, sous la présidence de Barack Obama, furent des architectes centraux.

Donald Trump rendra publique dans l’après-midi ce jeudi sa décision quant au maintien ou non des États-Unis, l’un des plus gros pollueurs dans le monde, dans l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique. C’est lui qui l’a annoncé sur Twitter mercredi soir:

Le monde entier attend. Plusieurs médias américains ont déjà annoncé mercredi l’intention du président américain de se retirer de ce texte conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays sous l’égide de l’ONU. Cet accord vise à limiter la hausse de la température mondiale en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump affiche sa volonté de donner un coup de pouce aux énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), au nom de la défense des emplois américains. Pendant sa campagne, l’homme d’affaires septuagénaire, qui martèle vouloir mettre fin à la «guerre contre le charbon», avait promis d’«annuler» cet accord. Avec son installation à la Maison-Blanche, le 20 janvier, il avait envoyé des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son Administration sur la question climatique mais aussi, au-delà, sur le rôle des États-Unis dans le monde et leur rapport au multilatéralisme. Le patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, s’est lui ouvertement prononcé pour une sortie de l’accord, jugeant qu’il était «mauvais» pour l’Amérique.

Un front UE-Chine

Au-delà de la question économique, demeure celle de la position de Donald Trump sur le changement climatique. Interrogé mardi sur ce thème, son porte-parole Sean Spicer était resté extraordinairement évasif. Le président croit-il à l’impact des activités humaines sur le changement climatique, sujet qui fait l’objet d’un très large consensus scientifique? «Je ne peux le dire, je ne lui ai pas demandé», a-t-il répondu.

Le retrait américain serait une véritable déflagration, dix-huit mois après cet accord historique, dont Pékin et Washington, sous la présidence de Barack Obama, furent des architectes centraux. La question a profondément divisé le sommet de G7 qui vient s’est achevé en Sicile, tous ses participants, à l’exception du locataire de la Maison-Blanche, ayant réaffirmé leur engagement envers cet accord sans précédent.

Aux États-Unis, le monde des affaires s’est, dans sa grande majorité, prononcé pour un maintien au sein de l’accord de Paris. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l’agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, avaient pressé Donald Trump de ne pas en sortir. Le milliardaire et entrepreneur Elon Musk a lui menacé de quitter les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump si celui-ci retirait les États-Unis de l’accord.

De leur côté, l’Union européenne et la Chine réaffirmeront, lors d’un sommet à Bruxelles jeudi et vendredi, leur soutien à ce texte quelle que soit la position du président américain. Une déclaration commune prévoit de «confirmer leurs engagements envers l’accord historique» de Paris et d’«accélérer leur coopération pour améliorer sa mise en œuvre», selon un projet de texte que l’AFP a pu consulter. L’UE et la Chine «sont déterminées à avancer sur des politiques et mesures» nécessaires pour l’application «concrète» des engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris, souligne ce document.